Monday, January 30, 2006

la Ferme africaine

Que l’on se souvienne des magnifiques paysages d’‘Out of Africa’, que l’on ait entendu parler du ‘Festin de Babette’, et nous voilà déjà familiers de Karen Blixen.

« Comme toute traduction littéraire, cette traduction est une lecture, une interprétation parmi d’autres possibles, de l’œuvre de Karen Blixen. Si défauts il y a, nous les assumons. Cependant, nous espérons être parvenus à rendre l’essentiel : la musique de Karen Blixen, sa voix, son style si particulier, unique dans les lettres danoises, et ses intentions proprement littéraires ».
Ces mots d’Alain Gnaedig ouvrent la nouvelle traduction de « Den Afrikanske farm », traduction émérite, précise et musicale du chef d’œuvre danois de Karen Blixen - voir un
article documenté et intéressant sur l’aventure de cette traduction.

Le livre s’effeuille comme une série de grands tableaux, son unité est celle d’une ode à l’Afrique, à ses peuples, paysages, aventures. Karen Blixen est une grande conteuse avant tout, mais, au-delà de l’anecdote décrite, des caractères peints, perce la très grande cohérence d’un moment historique unique. L’Afrique ne sera plus jamais la même, sous ses yeux elle s’est transformée. L’histoire individuelle est tragique - l’aventure de Karen Blixen au Kenya se terminera mal, la ferme fait faillite, des amis meurent, elle se verra exilée de l’Afrique - l’histoire collective ne l’est-elle pas aussi ?

Avant le dénouement tragique et inévitable, la conteuse offre quelques tableautins savoureux. Voici le plus petit semble-t-il de l’œuvre :
Kejiko
J’avais à la ferme une grosse mule bien grasse que j’avais baptisée Molly. Mais Kamau, le garçon en charge des mulets, lui donna un autre nom. Il l’appela Kejiko, ce qui veut dire « cuillère ». Quand je lui en demandai la raison, il me dit : « parce qu’elle ressemble à une cuillère ». Je fis le tour de l’animal pour essayer de comprendre mais, à mes yeux, et quel que soit l’angle de vision, elle n’offrait pas la moindre ressemblance avec une cuillère.
Quelques temps plus tard, je conduisis Molly, attelée à une voiture avec deux autres mules. Du haut du siège du cocher, je vis les mules d’une vue pour ainsi dire aérienne. Là, je me rendis compte que Kamau avait raison. Kejiko avait les épaules singulièrement étroites et un arrière-train lourd et volumineux, et ressemblait vraiment à une cuillère retournée.
Si Kamau et moi avions eu à faire le portrait de Kejiko, les deux images auraient été très différentes. Mais Dieu et les anges l’avaient vue comme Kamau la voyait. Celui qui vient d’en haut domine tout, et ce qu’il a vu témoigne pour lui.

Enfin une autre estampe, l’expression de Karen Blixen étant bien un puissant témoignage sur un monde disparu, celui de l’Afrique ancienne, ses tribus, et puis celui du protectorat - on devinera où la portent ses affections.
Compagnons de voyage

A bord du bateau qui m’emmenait en Afrique, j’avais pour voisins de table un Belge, qui se rendait au Congo, et un anglais, qui était allé onze fois au Mexique pour chasser une espèce particulière de mouflon, et qui, cette fois-ci, allait chasser le bongo. Comme je conversais des deux côtés, je finis par mélanger les deux langues ; ainsi, alors que je voulais demander au Belge s’il avait beaucoup voyagé, je lui demandai :
« Avez-vous beaucoup travaillé dans votre vie ? » confondant l’anglais « travel » et le français « travailler ».
Il ne le prit pas mal et, en ôtant le cure-dent de sa bouche, il me répondit d’un ton sérieux :
« Enormément, Madame. »

A partir de là, il crut de son devoir de m’informer des tâches et des épreuves qui avaient ponctué sa vie. Une expression, en particulier, revenait sans cesse dans tous ses propos :
« Notre mission. Notre grande mission dans le Congo. »

Un soir, alors que nous jouions aux cartes, le voyageur anglais nous parla du Mexique, et nous raconta qu’une Espagnole très âgée, qui vivait dans une propriété isolée dans les montagnes, ayant appris la venue d’un étranger, l’avait prié de venir la voir et de lui apprendre ce qui s’était passé de nouveau dans le monde.
« Aujourd’hui , les hommes peuvent voler, Madame, avait-il dit.
-Oui, j’en ai entendu parler, et je me suis disputée à ce sujet avec mon curé. Vous allez pouvoir nous départager. Dites-moi, les hommes volent-ils les jambes repliées, comme les moineaux, ou allongées en arrière, comme les cigognes ? ».
Au fil de la conversation, l’anglais fit une remarque sur l’ignorance des indigènes mexicains et sur les écoles au Mexique. Le Belge, qui était en train de donner les cartes, s’arrêta net avec la dernière carte dans la main, regarda l’Anglais d’un air dur et déclara :
« Il faut enseigner aux indigènes à être honnêtes et à travailler. Rien de plus. »

Il posa la dernière carte sur la table avec aplomb et répéta :
« Rien de plus. Rien. Rien. Rien. »

Saturday, January 28, 2006

How to get a.....

Souvenez-vous, nous collectionnons lorsque nous étions petits les cabines téléphoniques anglaises rouges, à carreaux. Avec les autobus à impériale, elles offraient un symbole d’exotisme, et étaient garantes d’un charme so british, discretion et vieille tradition. Notre premier, deuxieme et même troisième voyage de l’autre cote de la Manche , nous n’avons pu résister à la tentation de l’émerveillement, photographies au coin de rue, avec ou sans nous, centre de la photo, ou bien en arrière-plan, pour que l’esprit anglais descende sur l’image.
La question de leur utilité n’était alors pas d’importance. L’objet était et nous n’étions pas même surs d’avoir déjà vus des passants au combiné, derrière les carreaux.

Un peu plus loin de l’autre côté de la mer, de poésie domestique point, de tradition si peu, de cabines téléphonique rouges à carreaux aucunes. Vient cependant un temps où le problème des communications se pose. On achète alors une carte prépayée, et on brave le froid de la saison pour gagner le poste de téléphone installé à cote de la station essence du quartier. On se trompe dans le code, puis dans le numéro, la carte se vide en un tour de main, on n’est pas bien sûr d’avoir laissé le message au bon destinataire.
Très pratiquement alors l’achat au plus vite d’un téléphone portable s’impose. Il ne faut pas oublier non plus que les cafés internet sont si bien cachés que l’on n’en voit jamais, que les téléphones français ne sont pas tous adaptables ici, et, qu’en l’absence de ligne à domicile, on devient tout à fait injoignable.

Pour ce faire, fort heureusement, T-mobile et l’employeur se sont mis organisés pour proposer des formules simples d’abonnement. Quelques jours à remplir toujours un peu plus de papiers, quelques heures à réussir à faire fonctionner le Fax : la commande est partie.

Et, tout à coup, la modernité s’impose. Un email dans la boite le matin, UPS nous écrit pour nous dire que le colis est en bonne route. Son itinéraire détaillé s’affiche :
Location
Date
Local Time
Activity
PHILADELPHIA, PA, US
01/25/2006
3:57 A.M.
DEPARTURE SCAN
PHILADELPHIA, PA, US
01/24/2006
11:40 P.M.
ARRIVAL SCAN
NEWARK, NJ, US
01/24/2006
8:48 P.M.
DEPARTURE SCAN


01/24/2006
7:39 P.M.
ARRIVAL SCAN
DALLAS/FT. WORTH A/P, TX, US
01/24/2006
3:29 P.M.
DEPARTURE SCAN
DALLAS/FT. WORTH A/P, TX, US
01/23/2006
6:15 P.M.
ORIGIN SCAN
US
01/23/2006
6:03 P.M.
BILLING INFORMATION RECEIVED



Tracking results provided by UPS: 01/25/2006 8:24 A.M. Eastern Time ()

Presque de quoi s’imaginer à la place du colis ! On y retrouve même un semblant du charme d’imaginaire offert par les cabines téléphoniques anglaise rouges à carreaux.


Post-modernité, le colis est laissé, comme au bon vieux temps, sur le pas de la porte par les postiers, et on ré-entre soi-même dans l’êre de la connectivité.

A quarter of an ounce

Quizz du jour :
- que represente 5'6'' ?

- combien de cups de farine pour 250g ?

- les britanniques et les francais ont-ils le même pied ?

- faut-il regler son four a 200 ou 400 ° ?

- two oz, c'est peu ou c'est beaucoup ?

- combien vaut le gallon de petrole de nos jours ?

- qu'est-ce-qui diffère aux Etats-Unis : la forme des fiches electriques, le voltage, la puissance ?

- how many inches for one foot ?

- combien de personnes dans un appartement de 900 sq foot ?

Vous etes invités à partager sur ce blog vos avis sur la question !
Et rendez-vous dans quelques jours pour mes avis sur ces points.

Thursday, January 26, 2006

Visas e(t)moi(s)

Amis francais, bienvenue sur le net,
Internet est un royaume de libre-circulation, non parfait, mais relativement libre. Les voyages physiques sont par contre confrontes a des barrieres physiques et legales, et depuis quelques annees notamment en ce qui concerne le territoire americain. Rien de bien nouveau depuis que le monde tourne me direz-vous ?
Que nenni.. un jeu de hasard et de malchance s'impose desormais en prealable a toute visite a Washington : detenteurs de passeport emis avant 2001 ou depuis le 26 Octobre 2005, preparez-vous a la quete infernale d'un visa au consulat, ou bien retardez votre voyage de quelques mois.
Le Monde nous explique aujourd'hui les dessous de l'affaire : les exigences americaines ! Le retard pris par la France pour la fabrication des nouveaux passeports ! La Loi de 1993 et les referes en justice introduits par le syndicat du livre ! La faute a... personne et a tous.
Ah, on vous autorisera bien quand meme un juron a destination de tous si jamais vous devez en venir a vous battre devant le Consulat ? Ou a retarder votre visite a Washington qui vous fera manquer le printemps ici dont-on-promet-des-merveilles ?
(je ne saurai trop vous recommander la lecture de l'article). J'eus pu co-piller sans copyright, mais j'a pas voulu.

Tuesday, January 24, 2006

A la recherche de la colocation ideale

Deja une semaine que je suis installée a la maison ! Installation au milieu des valises, installation en devenir et incomplète, mais installation tout de même !
Takoma Park était un bel endroit, la maison accueillante et vivante, les colocataires très sympathiques, le quartier charmant, le Coop parfait magasin… mais, mais, indéniablement trop lointain.
Une de mes premières quêtes, et une exigeante, pour les débuts à Washington, a donc été la recherche d’un logement en ville. Logement en colocation, pour partager les coûts et profiter de la présence de colocataires, logement agréable, pas trop onéreux, bien situé, calme. Pour cela, une arme :
craiglist, site internet d'annonces de particuliers, tous sujets, toutes régions. Merveilleux outil, si l’on ne tient pas compte d’une loi de marché en déséquilibre – lorsque la demande dépasse l’offre, ami consommateur, soit féroce ! - La rime est faible et n’allez pas y chercher grand sens.
Les jeunes professionnels à la recherche du logement idéal sont en effet nombreux.
Le premier appartement visité fut un ‘two bedroom basement with a law student’. Le basement est un logement en entresol, plus ou moins enterré, et extrêmement répandu en pays anglo-américain. L’idée ne parait pas extrêmement séduisante, mais pourquoi ne pas adopter les usages du pays ? Il s’agissait cependant pour le coup d’un véritable basement, avec chambre libre au cœur de l’appartement, et sans fenêtre. L’idée d’y vivre m’a très vite abandonnée. Les chambres de bonne ont cet avantage de la lumière et de la vue, en général.
Le lendemain, il s’agissait de rencontrer deux jeunes américains sympathiques – toutefois très fascinés par l’écran de télévision géant qui remplissait le salon (mauvais augure ?) et habitant au-delà de Columbia heights, ce qui rendait la maison à la fois un peu excentrée et sans garantie de sécurité. D’après les connaisseurs, la conquête du centre-ville par les classes supérieures s’opère en effet d’ouest en est, et du sud vers le nord – ceci pour les quartiers Nord-Ouest s’entend.
Un temps d’arrêt et d’
orientation s’impose. Ainsi, si l’on considère les rues près de chez moi, la zone de transition aurait avancé de la 16ème rue à la 14ème rue au cours des cinq dernières années. On vous expliquera que les quartiers au-delà sont très habitables, à condition de savoir quelles rues emprunter pour vous rendre à destination. Bref, ceci paraissait un peu compliqué et peu propice.
Pour les troisième, cinquième et sixième visites, prenez une dose d’open house et beaucoup de courage. L’open house semble être un principe bien institutionnalisé de la vie américaine – transparence, efficacité, gain de temps, maux de tête, compétition et compétitivité au plus haut point. Le principe en est simple : une heure, une adresse. Les colocataires sont présents, et les prospecteurs s’avancent dans l’arène. Après un rapide tour de la maison, on est conduit au salon. Il s’agit là de faire connaissance avec les occupants, de voir rapidement si les caractères sont compatibles, et surtout de se faire remarquer, en bien. Les groupes gravitent autour des locataires, tachant d’attirer leur attention, de séduire un juge après l’autre, car il s’agira d’être adopté par tous. Avouons qu’au-delà de la profonde lassitude engendrée par la système, on y trouve quand même quelques bons cotes : l’ambiance est souvent sympathique, les quêteurs à défaut de sympathiser avec les habitants font connaissance entre eux, enfin les maisons visitées sont en général des group houses agréables de taille conséquente – quatre chambres, deux living room, parfois un sun deck avec vue pour les barbecues estivaux.
Le principe d’habitation à Washington semble en effet être d’un prix marginal à décroissance rapide, ce qui plaira aux économistes : des prix très élevés pour des appartements de petite taille –plus chers que Paris ?-, augmentant de plus en plus lentement pour aboutir a des prix très raisonnables dans les anciennes maisons de ville.
Une fois sa patience épuisée, lorsque l’on décide de partir de l’open house, il s’agit enfin de laisser ses coordonnées accompagnées d’un tag ‘how to remember me’ : blonde curly hair, salsa dancer, funny californian guy, french, great hamburger cook… vous aurez deviné ou je me situe. Les locataires auront ensuite quelques jours de répit avant de négocier entre eux le nom de l’élu(e).
La quatrième visite, bien que d’une grande group house, fut par contraste un moment très rafraîchissant. Les colocataires se sont donnés pour règle de consacrer un temps certain à recevoir les candidats, au prix du sacrifice de quelques unes de leurs soirées. Le groupe est, contrairement aux autres maisons visitées, porté sur l’international, avec un locataire turc et une consultante de la BM (si, si), amateur de dîners collectifs et de cuisine, fumeur de narguilé, sympathique. Bien que nous n’habitions pas ensemble finalement, des contacts sont pris pour quelques dinner-parties entre quasi-voisins.
Last but not least, 2614 university place. Il aurait pu m’apparaître à la lecture de l’annonce que je savais dans quel cadre j’allais arriver : une mexicaine, une américaine, toutes deux consultantes dans le développement.
Voici donc Jean, consultante à la BM , et Gabriella, à la Banque Inter-Américaine de Développement. Leur colocataire partante, Karen, française et travaillant à la BM. Les auspices semblaient donc assez bons. Les filles sont très sympathiques, la maison est agréable et assez bien placée - 15-20 min a velo du travail, un peu plus en bus, le loyer raisonnable, la chambre vacante contient déjà un lit et un bureau.. Well, sounds like a deal !
Reprenons au passage notre cours d’orientation dans la ville. Observez la fleche ( ?) et deplacez –vous vers le bas : elle est à quelques kilomètres au nord de la Maison Blanche. Sur la route et à l’Ouest, en zoomant, a l’intersection de Q street et Massachusetts avenue, le quartier de Dupont circle, relativement habité et animé. Un peu plus au Nord (18ème rue entre Florida avenue et Columbia road) : Adams Morgan, le quartier nocturne, restaurants et bars. Encore plus au Nord, le quartier latino de Mount pleasant : espagnol aux devantures, aux menus des fast-food, et dans les conversations. Si l’on revient vers University place, pour une fois centre de l’attention, des quartiers résidentiels, maisons plus cossues au Sud, quartiers en transition au Nord et a l’Est.
Voila, vous en savez a peu près autant que moi !
Ah, j’en oubliais Georgetown, tout à fait à l’ouest de Dupont circle, charmant et gentrifié.
Le déménagement de Takoma clot ce chapitre, avec quelques regrets pour la maison et le quartier. Toujours soixante kilos de bagages, un taxi haïtien, francophone et sympathique… me voilà à DC !


Une photo de la chambre a Takoma

Tuesday, January 17, 2006

Sans oublier le Cambodge

Il est Vendredi soir, il est tard, il fait froid, la maison blanche est eclairee, mais que s'y passe-t-il ?
Dans la maison blanche, difficile de savoir - au passage, un oubli des majuscules equivaudrait-il a un crime federal de lese-presidence ici ? Au cas ou le FBI soit aux aguets, entendons-nous bien que ceci n'est pas volontaire ni significatif, ok guys ? Mais je ne sais pas qui parmi les lecteurs de ce post ont suivi et suivent l'actualite du "wire-tapping", soit des "ecoutes" dans la grande tradition americaine ?
Bref, devant la Maison Blanche, une activite journalistique pour une fois reduite, les reporters ont du argumenter qu'il valait mieux pour les nouvelles du monde qu'elles soient retransmises d'un studio.
Si nous nous eloignons encore un peu, le square La Fayette, le lieu au monde ou il y aurait toujours une manifestation en cours : Individuelle, collective, politique, economique, de tous bords, ages, sexes (eh oui, nous sommes au pays de la "gender awareness"), nations.
Ainsi, ce Vendredi en question, des porteurs de bougies veillent autour d'un drapeau khmer ! J'ai bien entendu ete aimantee et attiree par le cercle : le Premier Ministre cambodgien Hun Sen durcit encore sensiblement les libertes politiques. Le principal parti d'opposition Sam Rainsey avait ete rendu illegal il y a un peu plus d'un an, son leader est je crois en exil a Paris. C'est desormais les activistes des droits de l'homme qui sont vises : Kem Sokha et d'autres membres du Centre cambodgien des droits de l'homme ont passe plusieurs nuits en prison.
La
bonne nouvelle est qu'ils ont ete liberes ce jour, mais restent accuses de diffamation a l'encontre du Gouvernement. L'autre bonne nouvelle est que les Etats-Unis portent beaucoup d'attention a la question. Mais au-dela de l'evenement, l'autoritarisme de Hun Sen parait largement et continuellement progresser... qu'est-ce-qui fait que le Cambodge parait plutot regresser qu'avancer ? Est-ce nous qui ne regardons pas les choses sous la bonne perspective ?

Monday, January 16, 2006

Un, deux.. dix musées gratuits ?

Le débat régulier mais improductif sur la gratuité des musées n'a pas lieu a Washington. On pensait avoir vu le meilleur a Londres ? Du tout, la Smithsonian institution est le plus grand ensemble de musées au monde.
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Le Louvre est le plus grand musée au monde. Le musée de l'Ermitage est le plus grand musée au monde. La Smithsonian institution est le plus grand musée au monde.
The truth, nothing but the truth. Yes, but how ?
a) largest collection of art b) largest superficy c) largest museum complex

17 600 additional largest museums to be found here.
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La Smithsonian institution comptant a ce jour une quinzaine de musees, il ne sera pas de trop de deux ans pour les decouvrir et le processus de sélection est impitoyable bien qu'aléatoire.... aleatoire dans certaines limites : peut-etre desapprouverez-vous, mais le musée postal et le musée de l'air attendront longtemps. C'est cruel mais c'est comme ca.

Premier temps au Hirshhorn museum donc : musée de l'art moderne et contemporain. Incluant la très belle présentation thématique du moment "les sculteurs et leurs dessins" - Rodin, Giacometti, Picasso, Matisse. Et par ailleurs du moins classique séduisant et du moins classique moins (pas) séduisant. Pour le premier, offrez-vous par exemple une nouvelle installation lumineuse d'Olafur Eliasson - pour ceux qui auraient vu le coucher de soleil a la Tate modern et qui auraient les moyens du musée Hirshhorn. Pour le second, filmez votre cuisine et incrustez-y des processions de chevres et de chameaux pour une entree en fanfare dans le monde artistique (Hiraki Sawa).




Seconde étape au musée africain, petit musée, mais très belles pièces. Le lieu présente tout d'abord des oeuvres traditionnelles, en bois ou poterie, des objets utilitaires aux oeuvres religieuses et ostentatoires. Ah, la collection de tabourets du musée ! Les portes ! Les pipes !
























D'autre part il accueille en ce moment une collection délibérément moderne. Et dans l'ensemble très bien choisie : peintures, sculptures, photographies. On retiendra parmi beaucoup eet par exemple les photographies traditionnelles de studio de Seydou Keita, les sculptures inspirées des coutumes Ode lay de John Goba (aucune idée de ce que cela peut-etre, sinon beau), les sculptures recyclées de Calixte Dakpogan, les photographies de studio révées de Philip Apagya... l'enumeration va s'arreter la, mais un tour sur le site de la collection pourrait ne pas vous déplaire.


- certes, il y avait bien des panneaux 'no pictures', mais comment resister ? Oh, on peut toujours mettre cela sur le compte de mes origines 'ces-francais-qui-ne-respectent-rien'.

Sunday, January 15, 2006

Un emprunt a alternet

AlterNet is, as you can guess, a politically oriented website. But, as my housemate Joshua would say, at least they do not pretend, like the traditional media, to a non-existent objectivity.
So here goes the story - l'histoire du jour.
Comment to
http://www.alternet.org/columnists/story/30762/
Making Incompetence a Reality - By Molly Ivins, Jan 12


The foundation of Conservative Republican belief is that the government cannot be trusted. It has been so since the first days of the John Birch Society in the 1950's.Government is incompetent, evil, corrupt and filled with waste, fraud and abuse. Now that they have taken over the government they have proven that their belief is in fact true.No one should be surprised that the Republican government is incompetent, corrupt and filled with waste fraud and abuse.Now the choice left to the rest of us is: Do we get rid of government or do we get rid of Republicans?

La Republique de Takoma

First things first, n'oublions pas le logement. Je suis installée - et fort bien- depuis dix jours dans la 'Republique de Takoma'.
Et pourquoi 'la Republique de Takoma' vous demandez-vous ? Cela a a voir a la fois avec le lieu objectif et le regard que portent mes colocataires sur lui. Takoma Park est une commune de la banlieue nord de Washington, connue de longue date - au dire des locaux - pour sa population progressive. Les pancartes 'wedding for all our neighbours' or 'we want peace' fleurissent - et le premier slogan vous parait peut-etre encore passablement obscur ? La ville en elle-meme se compose de collines boisées couvertes de maisons en bois, et on peut croire Laura sans peine qui assure que c'est magnifique au printemps. On s'habitue vite a la surfrequentation des ecureuils, reste que entendre un pivert en action fait diablement plaisir.

Laura et Joshua sont les deux autres locataires : apres plusieurs vies, ils sont désormais pour l'une enseignante d'anglais seconde langue aux enfants immigrées et professeur de yoga, et pour l'autre rédacteur au journal en ligne 'alternet'.
Journal que vous pouvez d'ailleurs consulter pour des articles sur la politique étrangere et les affaires intérieures des Etats-Unis. Qualité inégale de redaction mais de nombreuses perles aussi, ne serait-ce que pour sourire et fremir face a l'actualité - * voir plus-haut pour pour une citation de ce jour.



Dans une de ses vies précedentes Laura a contribué a fonder ce qui est un des centres nerveux de la ville, Le Co-op, comme 'cooperative' et comme supermarché. Le lieu s'est largement institutionnalisé depuis une vingtaine d'années, mais reste un lieu bio, profondément inséré dans la vie locale, et riche d'étalage de 'bulk products' a faire palir d'envie nos commerces. Les bulk lines proposent des produits en vrac que l'on achete en quantité désirée : on retiendra tehine, aromates, café, tomates sechées. Le prix etant fixé 'per oz' reste assez inévaluable, mais qu'importe a ce niveau.



Ah, n'oublions pas le défaut de Takoma. C'est ce qui fait aussi sans aucun doute que la communauté n'a pas subie la 'gentrification' de Georgetown : la distance au centre-ville. Dix kilomètres, vingt-cinq minutes de métro, cela semble raisonnable... mais reste trop au quotidien, et notamment en soirée quand les rames se font rares.
Demmenagement donc prochain au centre !

Sunday, January 8, 2006

Arrivée a Washington

Partie de Paris le 4 janvier au matin, 8h de vol, 60 kg de bagages, un taxi afghan plus tard, me voici pour la premier fois aux Etats-Unis.... affaire a suivre.