Inari - suite (et fin?)
Notre séjour à Inari se termine et nous embarquons pleins de beaux souvenirs de ces vacances avec nous.
Randonnée à ski dimanche vers le mont Otsamo, culminant à 418m mais un sérieux dénivelé et une belle distance en venant d'Inari en ski de fond.
Le mont est littéralement pris dans la neige. Des formes fantasmagoriques parsèment le sommet, sous lesquelles des arbres vivent pourtant.
La vue porte loin, rivières, forêts et lacs sous la neige ; pas de doute, nous sommes en Finlande.
Lundi, nous faisons une pause en visitant une 'reindeer farm'. Les rennes par ici ne sont pas du tout des animaux sauvages, mais d'élevage. Ils vivent dans la nature la plus grande partie de l'année, mais ceci dans des périmètres cloturés, sont marqués par leurs propriétaires, et collectés (et récoltés) deux fois l'an, sans compter les quelques rennes qui sont gardés près de la maison pour la visite.
Les rennes ne se font pas prier pour littéralement nous manger dans la main.
Direction ensuite Menesjarvi, une trentaine de kilomètres au sud d'Inari. Eric souhaitait très vivement partir randonner plusieurs jours dans la nature, loin de tout et en dormant dans des cabanes sur la route. J'ai très vivement suggéré pour ma part qu'une sérieuse réflexion s'imposait sur le sujet compte tenu des températures glaciaires : étions nous surs de pouvoir dormir au chaud ? n'y avait-il pas de risque de nous perdre ?...
Bref, nous avons contacté Esko, un spécialiste des randonnées dans la région, très serviable, qui nous a loué le matériel et aidé à choisir un trajet approprié. Avec en plus le GPS d'Eric et Virginie, nous étions tout à fait armés pour partir dans de bonnes conditions.
Mardi matin, 8h et -26° de l'autre coté de la fenetre. Business as usual. Les jours précédents nous ont permis d'optimiser la gestion des températures : 2 calecons longs et un pantalon de ski en bas ; 2 tshirts à manches longues, une polaire et la gore-tex en haut, une cagoule, une écharge et un bonnet pour le visage + une doudoune et une thermos dans le sac. C'est le bon mix pour n'avoir ni trop chaud ni trop froid en marchant.
Nous partons vers la cabane de Suivakkojarvi, à 15-20 km. Le temps est beau, la trace est faite par les motoneiges des reindeer herders, les rennes viennent voir si nous apportons à manger... Un trajet plutot joli et agréable.
Coucher de soleil sur notre cabane.
Nous voila au bout du monde, et fort bien installés en plus. La cabane, spacieuse, est dotée d'un poele, d'une large réserve de bois, d'un réchaud à gas, d'une table et d'une belle estrade pour dormir. L'isolation est impeccable et nous rotissons au bout de quelques heures.
Certes, les toilettes sont à l'extérieur à l'écart et bien fraiches, et nous devons remettre du bois plusieurs fois dans la nuit, mais quel confort. Le contraste surtout avec ces chalets alpins non gardés où nous avions passé des soirées glaciales, le poele ne suffisant pas du tout à réchauffer l'espace, est très apprécié.
Esko nous a passé le matériel pour la randonnée. Nous ressemblons -presque- à de vrais trappeurs avec. Les 'forest skis' sont des planches impressionantes, 260 cm pour Eric et 220 cm pour moi, avec des fixations pour le moins rustiques.
Eric et ses skis.
Méthode de fixation :
1. engager l'avant du pied sous la languette en cuir.
2. Tirer le ressort à l'arriêre et le faire passer sur le talon.
3. Rabattre le levier pour bloquer le ressort.
Les batons sont à peu près de la même taille que les skis - ou, en tout cas, c'est l'impressionant que j'en ai.
Nous sommes également munis d'une théière en fer et d'une gamelle en aluminium bien marqués par la cuisine au feu de bois. Bref, le contraste avec le matériel que nous utilisons pour le ski de randonnée est grand, mais ca marche !!
Mercredi nous partons nous balader dans les collines autour de la cabane. Cette journée sera assez 'grueling'. Nous devons faire nous même une grande partie de la trace et enfonçons beaucoup dans la neige. D'autre part, l'orientation au milieu des pins est difficile ; nous apercevons de temps à autres quelques sommets de colline mais pas les bons. Coté cartes nous sommes dans la plus grande imprécision : le GPS est muni de la carte routiere et de la localisation des principaux lacs, et la seule carte papier que nous ayons trouvé est au 1/100 000ème. Pas de quoi se perdre certainement, mais bien de quoi divaguer ! Enfin il ne fait pas très très beau.
Au milieu des arbres mais pas des bons.
Une bonne nuit de 12 heures plus tard, nous sommes d'attaque pour rentrer vers Menesjarvi. Le ciel est redevenu bleu en grande partie et la lumière est superbe.
Après un bon sauna et une nuit de repos, nous retournons vers Inari pour un tour de traineau avec des huskies. Nous nous dirigeons vers une ferme isolée dans les bois ; l'ambiance est assez remarquable. La 'dog lady' est passionnée par le mode de vie qu'elle a choisi ; ses chiens, huskies, groenlandais et quelques wolf-dogs, des chevaux, pas d'électricité, peu de moyens... Les chiens sont très excités de sortir et l'organisation des traineaux prend un certain temps. Il faut amener les chiens les uns après les autres au traineau, dans un ordre très codifié, éviter qu'ils ne s'emmelent dans leur impatience de partir...
Enfin les traineaux sont libérés et nous filons!
L'un de nous se fait transporter dans le traineau de la dog-lady pendant que l'autre conduit un plus petit attelage. J'avoue que je préfère la conduite ; assis on se fait surtout beaucoup secouer et on se refroidit.Ces chiens sont bien sympathiques en tout cas.