Dada-bah, Cezanne ah !
Sans doute les parisiens se souviennent-ils avec plaisir de la tres bonne exposition Dada a Beaubourg en fin d'annee passe, et puis les aixois attendent-ils avec impatience l'arrivee de la premiere exposition de consequence sur Cezanne chez eux !
Eh bien ici, nous avons tout a la fois - gratuit qui plus est, si, si ! Nous avons fait il y a deja plusieurs semaines l'ouverture du Cezanne en Provence, et puis n'ai pu resister au plaisir d'y retourner dimanche apres-midi. Les tableaux offrent de tres beaux moments - une belle organisation chronologique et thematique, des portraits, des pates epaisses puis transparentes et enfin si modernes, quelques textes d'introduction clairs, et des souvenirs familiers qui ne gachent rien. Un dessin du Pont des trois sautets permet, petit bonus, de craner aupres des amis.
L'autre but de l'expedition dimanche etait, enfin, d'aller revoir l'exposition dadaiste et completer mon tour que je n'avais eu le temps de finir, relire au passage quelques pages d'andre breton, retrouver les films absurdes et ressentir a nouveau un peu de l'esprit dada.
Cruelle deception ! Oh si j'avais su ! D'une exposition riche et en bazar, variee, profonde, a explorer a sa guise, nous sommes passes a une organisation sagement lineaire, de Zurich a Paris en passant par Berlin, New-York, etc. Quelques oeuvres seulement, et un nombre tres limite d'artistes, point de choses a lire si ce n'est les textes didactiques d'introduction qui font bien pauvres - un emplatre sur une jambe de bois. Des tableaux et collages bien alignees, beaucoup de choses tout a fait posterieures a dada, une pissotiere de duchamp hors de portee des coups de marteau vengeurs, et voila. On y entre, on avance au fil des salles, on passe parfois vite (moi devant grosz) ou on s'arrete pour admirer (decidemment schwitters me plait), on ne se pose pas de questions, et l'on ressort un peu moins ignare et tres conscient que Dada est mort, la faut aux americains ? a la modernite ? Et voila, en tout cas, Dada is dead.



