Monday, July 24, 2006

J'prendrai bien le suivant

En parlant de metro. Un petit court qui en fait beaucoup.
http://www.wat.tv/relevance/search/oscars/video/5666

Wednesday, July 19, 2006

Komi

Je vous invite a deviner ce que font les parisiens exiles a Washington…. difficile ?, non, pas vraiment : nous parlons de Paris. Et nous en profitons pour faire des paris sur le metro -on ne m’y reprendra plus d’ailleurs, et voila comment je me suis retrouvee a devoir inviter Eric dans un bon restaurant.
On decouvre tres vite qu’en terme de haute cuisine ici, les restaurants sont beaucoup francais (
L'auberge chez francois, Citronelle, Marcel's) et italiens (Maestro), un peu asiatiques (Makoto), parfois americains tout de meme (Tabard Inn), et puis beaucoup de "modern american", qui est un melange de tout ce qui precede.
Je n’ai finalement pas eu trop de mal a choisir : qu’est qui reunit cuisine americaine moderne et mediteraneenne, offre un menu degustation, et qui se trouve a vingt minutes de la maison ? Reponse : un seul restaurant,
Komi.

Le restaurant est dans une de ces maisons de ville etroites que nous connaissons si bien autour de la 17eme rue (ah oui !, si vous veniez a DC, vous verriez tres bien de quoi il s’agit), et le cadre n’est pas exactement beau – murs monochromes et acoustique deplorable – sans etre laid non plus : petite salle, peu de convives, sets de table tresses qui nous evitent le syndrome de la tache sur nappe blanche, et serveuses jeunes et sympathiques.

Nous ne nous etions pas vraiment affames pour ce repas, mais a 8h du soir la ronde des mises en bouche du Sud est tres bienvenue.
Les olives vertes marinees a la maison sont epaisses, tres legerement croquantes, rehaussees d'une fine pointe de sel, et l'on souhaiterait un jour soi-meme reussir de telles "house-cured" olives. Suit un des points d‘orgue du repas, deux dattes chauffees au point de caramelisation, fourrees au mascarpone et assaisonnees d'une touche d'huile d'olive et de sel. Mammamia.
Cela demandera des experimentations a la maison, la recette doit etre un secret encore bien garde. Pour le coup, l’amuse bouche suivant, bien qu'assez reussi avec sa buratta di buffala, chapelure, tranches d'anchois preparees par le chef et marinade d'oignons de printemps parait un peu commun… jusqu'à l’arrivee du prosciutto di tuna avec son gout tres fort et sa presentation parfaitement minimaliste qui relance le diner: deux lamelles translucides entourees de quelques gouttes de vinaigre, d'un abord surprenant. La pita fourree au porc et les toasts a la creme d’œufs de poisson font retomber un peu le palais (enfin, mon palais en tout cas), mais quelques gorgees de vin nous remettent en condition.
Ah oui, j’en oubliais le vin. Nous avons opte pour un menu « wine pairing », c'est-à-dire que cinq vins differents sont selectionnes pour accompagner les plats. Tout cela est servi au verre, mais, mais rerempli par les serveuses attentives tant que le convive semble tenir droit sur sa chaise – le fameux principle ‘quand y’en a plus, y’en a encore’ qui marche aussi tres fort de ce cote de l’Atlantique. Mais si vous voulez connaître le veritable miracle de la soiree, a mon avis, c’est bien que nous ayons reussi a sortir l’esprit clair de table, et sans souffrances le lendemain… sans doute parce que nous n’avons pas oublier d’etaler la boisson sur plus de trois heures, et de manger entre-temps.
Donc, donc, le Prosecco petillant se laisse donc boire comme le veritable jus de raisin qu’il est et convient tout a fait aux taquine-bouche. Au fait, le plat suivant est un rappel du week end precedent, mais en version soft et upmarket : beignet de soft shell crab accompagne d’une salade fraiche de cabillaud aux pois chiches. Le petit crabe est parfaitement fondant dans sa friture et le gout est fin et releve – ah oui, difficile de ne pas penser aux fameux beignets de fleur de courgette de Giens. Mais j’avais aussi en tete notre combat epique avec les gros crabes de la Cheesepeake Bay (3 pour moi, 0 pour les crabes). Tout Washington se retrouve en effet le week end a
Cantler’s, un grand restaurant perdu au milieu des ramifications de la baie, pour faire un sort a des cargaisons de crabes, huitres, coquillages, crevettes, bieres, et frites of course…. mais surtout des crabes. Vous me direz que notre combat avec les crabes est a la deloyale, puisque nous sommes armes de marteaux et couteaux, mais il n’empeche que nous comptabilisons des coupures, une odeur de crustace impregnee jusqu’aux coudes, et quelques taches traitresses.
Notre rencontre avec les crabes a Komi a ete heureusement moins physique, et la mise en appetit se termine sur deux bouchees de pasteque a la feta fraiche et salade : il est temps de faire une pause et de boire un peu de vin pour pouvoir esperer manger la suite.
Inspiration italienne oblige, les entrees seront des plats de pates, par chance en portions reduites, dans la lignee des recherches minimalistes du chef. Eric choisit des tagliatelles au homard et oursin avec des etoiles dans les yeux, pendant que je goute les
Pappardelle au « milk-roasted baby goat ragu », dont je vous laisse deviner la signification. Mon voisin de table semble vivre une tres grande experience gustative, mais une bouchee de son plat me fait comprendre que les oursins et moi ne sommes pas fait pour nous entendre. Tant pis, mon vin rouge est tres agreable et plus charpente que les vins que nous trouvons habituellement aux etats-unis, et les pates et le petit cabri fondants a la perfection.
La carte est tres courte et nous n’avons pas trop de mal a choisir notre plat principal parmi les six propositions (meme si j’esseairai sans aucun doute la prochaine fois la pintade a la marmelade d’abricots… oui, difficile de ne pas y retourner). Nous nous sommes laisses tenter par le « bronzino e alati », poisson mediterraneen en croute de sel, cuisine pour deux personnes.
Notre bronzino fraichement et amoureusement peche, assaisonne, roule, engonce, et cuit, est presente dans sa gangue avant d’etre ramene en cuisine pour etre decoupe. La chair est fondante et succulente, tout a fait irresistible, et je cede aux injonctions d’Eric de gouter les joues de poisson, qui devraient etre encore meilleures… sans etre tout a fait convaincue. C’est en mangeant les legumes –lit croquant de legumes de printemps grilles - que je commence a realiser d’une part que je n’ai plus d’appetit, et d’autre part que le chef aime trop l’huile d’olive et le sel… sa cuisine pourrait etre encore epuree et « subtilisee » (de « subtiliser » : vb., rendre subtile). Cela dit,
Johnny Monis ayant recemment fete ses 26 ans, on se rassure en se disant qu’il a encore quelques annees de progres devant lui. Et on s’inquiete (moi en tout cas) en se demandant comment il a pu en arriver deja la a cet age (mon age). Il a recu il y a quelques semaines l’etoile du jeune chef prometteur de l’annee a Washington - lisez donc en commentaire la biographie que le Post lui consacre et les trois recettes dont il a bien voulu vendre la meche a l’occasion…
La bataille avec le fromage sera heureusement un peu moins ardue que chez Guy Savoy il y a bien longtemps: tranches de chevre californien, lamelles de gouda hollandais extra-vieux, et morbier francais, servis avec un toast…. arrose d’un filet d’huile d’olive (why johnny, why ?). Le morbier nous a plonges dans des abymes de perplexite : imaginez donc des francais face a un morbier sans sa cendre et goutant le livarot, pour voir. Il faudra y consacrer quelques moments de reflexion et degustation cet ete.
Eric a plonge dans le fromage apres que je l’ai goute, et ne s’est pas mal sorti de son verre de vin, rouge, italien, et tres fort, comme il se doit. Le choix de dessert est ensuite un peu cornelien, car Komi n’est pas tres repute pour le sucre, sinon pour le doughnut au mascarpone et a la creme de chocolat, mais un sorbet ne serait-il pas raisonnable ?
Deux beignets devant nous plus tard, je me dis que cela manque de legerete, ne se mange pas mal quand meme, et surtout que le Moscato tout juste petillant n’est pas desagreable du tout.

Avec l’addition vient le moment du bilan :
La sucette au melon la maison attendra

De paris sur le metro ne fera plus avant quelques annees
De paris sur le RER ne fera plus non plus – je suis toujours endettee d’un repas gastronomique « home made ».

Monday, July 17, 2006

The New

"The New", c'est le petit nom d'un haut lieu de la Cote Est. Enfin, d'un haut lieu pour les amateurs de rocher et d'eau, entendons nous.

Eric warmimg up sur une 5.8... pas de photo du lead sur la 5.11d (7a), l'assureuse avait besoin de ses deux mains et deux yeux.

Le New River Gorge, c'est un peu le fin fond de la
Virginie de l'Ouest, qui est en soi-meme un des Etats americains les plus recules qui soient: des forets, des forets, quelques ondulations de terrain, et 29 habitants au km2. Les deux mamelles de l'economie sont l'extraction du charbon et l'exploitation forestiere, autant dire que ce n'est pas tres brillant. Wikipedia nous explique que l'Etat enregistre le troisieme plus pauvre niveau de revenu par habitants et detient un curieux record - "The proportion of West Virginia's adult population with a bachelor's degree is the lowest in the U.S. at 15.3%".
Malgre tout, malgre tout, West Virginia n'est pas loin de District of Columbia, et le New River Gorge c'est, d'apres les connnaisseurs, la
mecque de l'escalade sur la cote Est: 1500 voies (si, si), un rocher de qualite, et beaucoup de zones encore peu exploitees.
Le paysage est plutot limite aux arbres environnants - les falaises ne representent guere qu'une frange rocailleuse sous le plateau, et les versants sont avant tout forestiers. Les plus belles voies permettent de jeter un oeil au-dessus du faite des arbres, pour le reste on profite de la fraicheur du sous-bois, qui tourne au sauna a mesure que la journee avance.
Looking at the S-shaped crack.

Un peu de wildlife avec une tortue orange et pas bien effrayee.


6h de route, c'est quand meme long, et nous avons profite du week end prolonge de l'independence day pour partir quatre jours. D'ailleurs, a voir le nombre de connaissances croisees en bas des voies, c'est toute la communaute de DC qui avait decide de se mettre au vert.
Comme quatre jours d'escalade, c'est aussi un peu long pour les bras, nous sommes alles sur l'eau une journee - dans la partie la plus civilisee de la riviere, mais c'etait deja autre chose que les rapides de l'Herault. Donc, a nous les vrais kayaks, l'instructeur, les essais longs et infructueux d'apprentissage de l'eskimotage (je vous laisse lire la
theorie sur internet, deja pas evidente, et en plus en ayant la tete sous l'eau...), et l'adrenaline. Bilan de la journee: perdu mes anciennes lunettes dans le premier rapide mal negocie, et vecu le reste de la journee dans un flou humide, mais passe haut la main le terrifiant - n'ayons pas peur des mots- Surprise. Surprise c'est une vague impressionante et relativement difficile a negocier en kayak (pour ceux qui auraient le loisir de regarder un clip musical bruyant avec des rafts.... de toute facon, apres avoir passe une journee avec une jupe en neoprene et engonces dans une coque de plastique rouge, on n'est plus a un ridicule pres). Donc, un kayak, contrairement a un raft, c'est tres leger et pas flexible, et reussir a passer la vague et a ne pas piquer du nez dans le creux suivant est a peu pres impossible a notre niveau. Il faut pagayer et tenter de prendre les rouleaux legerement sur le cote, sans se faire aspirer, et sans etre distrait par la vision du gouffre... souriez, riez, mais on vous y verrait.....
La derniere matinee, notre recompense a ete de grimper les rives du
Summersville lake - qui seraient aux calanques ce que le New est au Verdon. Les activites lacustres couvrent a peu pres tout ce que l'on peut imaginer: peche, plongee, ski nautique, bateau, farniente. Manque de temps et de materiel oblige, nous en sommes restes aux falaises equippees, mais le vrai terrain de jeu pour les grimpeurs, c'est le deep water soloing -chaussons aux pieds et bouee a la main, on demarre une voie et saute a l'eau lorsque la hauteur devient trop impressionante... ou la difficulte trop elevee (a voir les falaises, je pencherais vers la deuxieme hypothese).
Reste donc pour le prochain sejour a plonger sous l'eau, mouiller les chaussons, et voler dans les airs. Ah oui, le New est aussi connu pour son tres beau
pont a une arche qui enjambe la gorge a la hauteur d'un Washington Monument + d'une statue de la Liberte (soit encore une Tour Eiffel?, les americains ayant de ces comparaisons). Une fois l'an, en Octobre, c'est le bridge day, et je vous laisse deviner l'activite preferee des skydivers.
Mais non, mais non, je n'en suis pas au base jump. Far from it.

Notre campground, version grand luxe: toaster que l'on pose sur le rechaud (
miracle! Nous avons meme fait brule des tartines), cafe illy du matin, pancakes ricos du cathedral cafe (un cafe dans une cathedrale peut laisser songeur, heureusement l'eglise est au format americain), hamac de bolivie et ordinateur pour avoir son home movie cinema. Si, si.

Monday, July 10, 2006

DC shows

J'aurais bien voulu ecrire que nous avons beaucoup fete hier la victoire en Coupe du Monde, mais notre brunch au pub s'est juste termine sur plus de bieres que prevu (pas pour moi, non, non), et un public pro-france tres decu. J'aurais bien aime pouvoir aussi vous ecrire que les feus d'artifice de la fete nationale sur le Mall sont les plus beaux du monde et que les 500 000 spectateurs sont les plus joyeux... mais mis a part les bruits de fete de voisinage du crepuscule au milieu de la nuit, tout a fait manque ce 4 juillet (in the process of unpacking the tent, gear, doing the washing thing, etc, after the week end, voir un post ulterieur).

Et pourtant il y a bien quelques spectacles recents dont je pourrais vous parler. Vendredi dernier, notre ami americano-allemand Karl nous a emmene au DC Improv theater, qui ne fait que du cafe concert comique, pour voir un spectacle de
Christian Finnegan... Il faut pour le connaitre sans doute etre americain et puis avoir le cable (la chaine "VH1", si cela existe bien?), mais nous n'avons pas ete peu contents de pouvoir comprendre quasiment tout le spectacle, somme toute assez drole.

A l'oppose, la piece de theatre tres sombre de Don deLillo, au Kennedy Centre. Trois acteurs en scene autour du pere et amant en fin de vie, beaucoup de durete, quelques repliques tres droles qui permettent a l'assistance de survivre quelques minutes encore. La piece
Love-lies-bleeding n'a ete ecrite et mise en scene que tout recemment, cependant Don deLillo est depuis une vingtaine d'annees un des grands auteurs postmodernes americains semble-t-il. Cela, c'est Wikipedia qui le dit, car pour ma part je decouvre tout juste.
Enfin, passons a la musique. Toujours en remontant dans le temps, le concert de
Salif Keita au Lisner Auditorium a largement rattrape la performance glacee de Cesaria Evora. Selif Keita, c'est la musique du Mali, des danseuses africaines, of course, mais aussi des percussions formidables, les spectateurs debout, des fans hysteriques, et le public sur scene a la fin du concert.

Last but not least, le 14 Juin
Camille a termine sa tournee americaine (centres culturels francais de Los Angeles, San Francisco, et New York, c'est un debut, tout modeste soit-il) a l'Ambassade de France. Difficilement descriptible: la chanteuse cree sur scene rythmes, boucles, vocalises, cajole et se moque du public, et ses deux accompagnateurs eux memes sont des hommes instruments. Et a ceux qui me parlent de M Matthieu Chedid depuis quelques annees, je pourrai desormais repondre Camille en concert!!