Sunday, April 30, 2006

Un haiku de printemps

De tous les cotés
Les vents apportent des petales de cerisier
Au lac des grebes.
Basho Matsuo1644~1694







Difficile de ne pas penser au Japon et a ses haikus pres du Bassin des marees au debut du printemps. De maniere ephemere et foisonnante fleurissent des milliers de cerisiers du Japon: beaucoup de rose, blanc, des petales qui volent au vent, et des visiteurs charmes.





L'histoire nous apprend que 3 000 plants furent donnes par Tokyo a la ville en 1912, et plantes entre le Potomac et le Mall, autour du Tidal Basin. Entretenus, celebres, replantes, adoptes voire sponsorises depuis, les arbres ont eu le temps de devenir des ancetres de cerisiers, courbeux, noues, deformes. Leur gloire ne dure que deux semaines fin Mars debut Avril, lorsqu'enfin les fleurs apparaissent, mais alors sont-ils abondamment couronnes par la ville.
Le cherry blossom festival est un drole de melange entre foire d'attraction, celebration de l'amitie sino-americaine, et aimant a touristes - on approche le million de visiteurs en une semaine parait-il. Le charme de la nature que le festival ne pourra certes pas diminuer est l'infiabilite (irreliabilite) de la chose: floraison retardee ou prematuree, orages de printemps, et voila que les spectateurs n'ont rien a contempler et que les petales partent a vau l'eau.

Par coincidence je lisais a cette meme periode, non pas le trop celebre Memoirs of a Geisha d'Arthur Golden, mais Geisha de
Liza Dalby, "the only foreigner to become a geisha" comme l'explique la jaquette - en fait une jeune sociologue americaine devenue geisha en 1974-75 - , qui parle elle aussi du cherry blossom festival a Kyoto - tout un art de vivre iki semble-t-il pour le flower and willow world.



Enfin, pour un habitant de Washington, les cerisiers du Japon se trouvent bien en dehors de la vie quotidienne - qui d'autres que les commuters en voiture passerait au sud du Mall - et la ville ne prend un air de printemps qu'apres, lorsque les feuilles sortent, la temperature monte, et les arbres du commun fleurissent. Pour le coup nous allons dejeuner regulierement sur la terrasse du H building, ou fleurit une magnifique glycine (ou
Wisteria, glyzine, glicine dependant des participants au dejeuner) qui rappelle Corbeil et garde ma preference.

Friday, April 28, 2006

Deux jours a Annapolis

Hey, what's new in DC ?
Inutile de vous repeter que je suis tout a fait en retard sur les mails, internet, anniversaires, le temps passe vite par ici. Dans les nouvelles, un peu plus de travail, avec dans dix jours la venue de nos consultants anglais qui va demander beaucoup de preparation, le
festival du film de DC (trois films en trois jours le week end dernier, record sans doute battu de loin!) , et une retraite a Annapolis.
Notre retraite, ou "retreat", c'est une gestion tres a l'americaine de notre Departement: la grande majorite des personnels de "agriculture et rural development" au centre (une quarantaine donc), une ville de bord de Cheesapeake Bay, un grand hotel, des jeux, recompenses, elections de "collegue le plus en mission" et "collegue le plus drole".... la portee operationnelle de la chose est intangible - nous devions reflechir au comparative advantage de notre Department - mais l'ensemble etait bien sympathique, avec soiree dansante et lancer d'avions en papier.
(Et pendant ce temps, le monde continue a tourner sans nous, mieux ou mal, qui sait)
Le week end s'annoncant tres beau nous allons - a nouveau - nous diriger vers les petits falaise de Great Falls, et bientot, bientot nous effectuerons une vraie sortie !, pour le reste: du repos, un nouvel invite dans le salon (allemand je crois, apres avoir eu un americain venant d'australie et une new yorkaise), sans doute un diner en terrasse, les devoirs d'arabe (sait-on jamais?), quiet, quiet.

Wednesday, April 12, 2006

Alles uber Sophie Scholl

A la tres grande surprise des nombreux amis allemands, nous, francais, mexicains, americains, n'avions jamais entendu parler de Sophie Scholl. De la a savoir, de plus, qu'un film eponyme faisait parler de lui en Allemagne et qu'il a traverse l'Atlantique plus vite que la fontiere...
Donc, film retracant l'histoire tragique d'une toute jeune resistante, en 1943, et de ses compagnons de route, juges et executes en l'espace de quelques jours. Sophie Scholl a semble-t-il acquis un statut d'icone outre-Rhin, et le film est
beau et poignant, c'est vrai, et puis montre une part occultee de l'Allemagne hitlerienne.
Contrairement a la plupart des critiques lues jusque la, j'ajouterais un bemol sur l'opposition surjouee entre la betise des interrogateurs et l'engagement magnifique de Sophie, mais petit bemol s'il en est.
Enfin, depuis les US, nous esperons que le film, qui sort aujourd'hui en France, fera beaucoup parler de lui.

Monday, April 10, 2006

qu'est-ce-qui fait manifester les US?

Des rassemblements de centaines de milliers de manifestants ? Un parlement largement divise au-dela des frontieres politiques ? Un compromis historique qui s'est effondre en quelques heures ? Bienvenue dans la reforme legislative de l'immigration aux Etats-Unis.
Georges W. Bush souhaitait depuis le debut de son nouveau mandat une reforme du code legislatif de l'immigration, son dernier toilettage remontant a plus d'une dizaine d'annees. Or, la Chambre des representants en Decembre a adopte une proposition de loi "dure", qui criminalise les clandestins - jusque la peu inquietes lors de leur sejour americain. Ces clandestins, cependant, ce sont une douzaine de millions de personnes, dont une part importante de latinos tres soutenus par leur communaute legale.
Voici donc les partis politiques divises, entre les milieux d'affaires qui peuvent souhaiter des regularisations pour fluidifier le marche du travail, les populistes qui s'appuient sur des circronscriptions locales tres conservatrices et la peur d'un renversement demographique pour esperer gagner les elections de 2006, et d'autres politiques qui parient sur l'electorat latino pour leur reelection.
Les senateurs pris entre deux feux - pressions de la Maison Blanche pro-"guest-worker program" et pressions de la rue, avec rassemblements reguliers de demi-million de
manifestants dans le pays - ont devoile jeudi dernier une proposition historique de compromis : regularisation des residents depuis plus de cinq ans, distribution de visas pour 1.5 millions de personnes dans l'agriculture, mais aussi durcissement des conditions aux frontieres et criteres exigeants d'attribution du droit de residence... qui n'a survecu que le temps de s'en feliciter.
Les commentateurs politiques s'en donnent a coeur joie: des democrates veulent empecher une avancee historique qui serait portee au credit des republicains, des republicains durs trouvent la loi trop molle pour leurs electeurs nationalistes, des democrates craignent qu'un compromis deja trop mou ne soit tout a fait vide de sa substance lorsque la proposition repassera devant la Chambre des representants.. les partis en tout cas ont bien du mal a y reconnaitre les leurs (voir l'editorial du
New York Times et l'analyse d'Alternet).
Apres les vacances senatoriales de deux semaines, on craint que la reforme ne soit bel et bien enterree.. jusqu'a la fin de l'annee, une fois les "midterm elections" passees au Senat. L'homme de la rue, lui pendant ce temps ne desarme pas.
Ainsi qu'un speaker le disait hier, qui s'adressait aux manifestants a Dallas : "We want citizenship ! Since 9.11, we have been hurt and held into suspision. But out of the 19 people who attacked the US that day, how many Rodrigez, Martinez, Dolores and Flores ? None !".... populismo es la nueva palabra ?

Wednesday, April 5, 2006

C'etait Cesaria

Qui eut dit que tous les chemins menent a Washington ?
Apres un concert lundi soir dernier de
Arno, chanteur belge tres rock n'roll, aux frais de l'ambassade, nous avons pris les choses musicales au serieux et, avanti, direction le Lisner auditorium ! D'ailleurs, retablissons la verite narrative, nos tickets de samedi etaient reserves depuis deux mois - tout comme pour la plupart de nos collegues.
Voila donc l'Evenement de ce debut d'avril: la venue a DC de Cesaria Evora ! Inutile de la presenter et de dire que ce fut pour nous un tres beau concert capverdien. Nonchalante, sans aucune presence scenique, et sans effort vocal, Cesaria chante magnifiquement. Et puis ses comparses assurent un peu de spectacle. Sans oublier la pause de mi-concert qui nous a decidement intrigue: la diva prend un chaise, un verre d'eau, une cigarette sur scene. Une habitude ? Clin d'oeil ? Provocation ?
And what was real surprise as the cherry on the cake ?...
Seu Jorge est venu faire la premiere partie de Cesaria, si, si !