Monday, April 10, 2006

qu'est-ce-qui fait manifester les US?

Des rassemblements de centaines de milliers de manifestants ? Un parlement largement divise au-dela des frontieres politiques ? Un compromis historique qui s'est effondre en quelques heures ? Bienvenue dans la reforme legislative de l'immigration aux Etats-Unis.
Georges W. Bush souhaitait depuis le debut de son nouveau mandat une reforme du code legislatif de l'immigration, son dernier toilettage remontant a plus d'une dizaine d'annees. Or, la Chambre des representants en Decembre a adopte une proposition de loi "dure", qui criminalise les clandestins - jusque la peu inquietes lors de leur sejour americain. Ces clandestins, cependant, ce sont une douzaine de millions de personnes, dont une part importante de latinos tres soutenus par leur communaute legale.
Voici donc les partis politiques divises, entre les milieux d'affaires qui peuvent souhaiter des regularisations pour fluidifier le marche du travail, les populistes qui s'appuient sur des circronscriptions locales tres conservatrices et la peur d'un renversement demographique pour esperer gagner les elections de 2006, et d'autres politiques qui parient sur l'electorat latino pour leur reelection.
Les senateurs pris entre deux feux - pressions de la Maison Blanche pro-"guest-worker program" et pressions de la rue, avec rassemblements reguliers de demi-million de
manifestants dans le pays - ont devoile jeudi dernier une proposition historique de compromis : regularisation des residents depuis plus de cinq ans, distribution de visas pour 1.5 millions de personnes dans l'agriculture, mais aussi durcissement des conditions aux frontieres et criteres exigeants d'attribution du droit de residence... qui n'a survecu que le temps de s'en feliciter.
Les commentateurs politiques s'en donnent a coeur joie: des democrates veulent empecher une avancee historique qui serait portee au credit des republicains, des republicains durs trouvent la loi trop molle pour leurs electeurs nationalistes, des democrates craignent qu'un compromis deja trop mou ne soit tout a fait vide de sa substance lorsque la proposition repassera devant la Chambre des representants.. les partis en tout cas ont bien du mal a y reconnaitre les leurs (voir l'editorial du
New York Times et l'analyse d'Alternet).
Apres les vacances senatoriales de deux semaines, on craint que la reforme ne soit bel et bien enterree.. jusqu'a la fin de l'annee, une fois les "midterm elections" passees au Senat. L'homme de la rue, lui pendant ce temps ne desarme pas.
Ainsi qu'un speaker le disait hier, qui s'adressait aux manifestants a Dallas : "We want citizenship ! Since 9.11, we have been hurt and held into suspision. But out of the 19 people who attacked the US that day, how many Rodrigez, Martinez, Dolores and Flores ? None !".... populismo es la nueva palabra ?

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