Thursday, January 18, 2007

Big Sur et Santa Barbara

Loin de la montagne et de la neige, nous avons retrouve la mer et les bonnes temperatures a Monterrey, qui est avec sa jumelle Carmel la Cote d'Azur de San Francisco. Nous avons finalement passe tres peu de temps dans ces deux villes, presses que nous etions d'aller sur la vraie cote. Juste le temps d'aller au restaurant et de visiter la Mission de Carmel.


The historic mission San Carlos was the second mission in upper California (as opposed to Baja California en Mexico), founded in 1770, tout de meme. Le Pere Serra, qui a cofonde la plupart des missions espagnoles en Californie, etait de la partie et y est revenu pour finir sa vie - d'ou de nombreux rappels pieux de sa memoire dans la Mission qui avant d'etre un musee reste une paroisse active.



J'ai retrouve la un peu ces si belles missions d'Amerique du Sud, harmonieuses et sobres. Mais sans les histoires de nonnes cloitrees, fascinantes et terribles.





Cependant la lumiere du soleil rasante nous a attire rapidement hors de Carmel... il fallait bien voir enfin cette Cote qui promettait tant.
Big Sur est le nom communement donne a cette portion de Highway 1 qui s'etend de Carmel a San Simeon. Des collines a l'herbe rase (ou le Ventana wilderness) butent sur des falaises qui se jetent dans la mer, et la route s'accroche a mi hauteur de l'ensemble. Le coucher de soleil etait tres beau, la cote dramatique, et si nous ne pouvions voir de baleines a l'horizon (trop loin de la cote? pas encore la?), les elephants de mer se montraient bruyants.
Apres une nuit dans un
camping plutot aime de camping cars, et excessivement cher (27 $ !), nous etions enfin prets a nous balader. Andrew Molera State Park offre un peu d'espace entre la route et l'eau, et en cette basse saison touristique les ponts sont coupes - de quoi devoir traverser a pied le torrent pour acceder a la plage. C'est froid, peut etre meme un peu plus froid que l'eau de la mer. Il n'y aura pas eu de bain de Noel cette annee.
Nous avons decide ensuite, pour notre malheur, de faire une randonnee overnight dans l'arriere pays. Le guide promet des 'dramatic sceneries' et 'scenic view points' a foisons, ainsi que de l'isolement, de bons sites de bivouac, et une montee au dela vers le plus haut pic de la region, le Cone Peak et ses 5000 feet. D'ailleurs, le
New York Times lui meme se montre tres elogieux, a la relecture.



Nous nous sommes mis en route un peu tard, il est vrai, car a 16h il ne reste plus beaucoup de soleil en hiver, mais le debut du chemin, qui longe la cote tout en gagnant en altitude, etait aussi magnifique, ainsi.







Des roseaux illumines par le soleil couchant.







Rapidement cependant la lumiere a disparue, et n'a ete que tres partiellement remplacee par celle de la Lune: nous entrions sous les arbres. Nous approchions egalement du Hare Canyon, un des canyons les plus profonds aux Etats-Unis, qui ne contribuent pas peu a rendre l'endroit triste.
Voila cependant que le chemin s'arrete, soudainement. Un mur compact de feuilles et de branches nous fait face, et il nous faut quelque temps avant de realiser qu'un arbre est tombe le long du chemin. Oui, oui, le long, pas en travers. Qu'a cela ne tienne, quelques contorsions, de la bonne volonte, et nous passons. Jusqu'a arriver, quelques metres plus loin, sur un autre mur de feuilles. Et encore un autre. chaque arbre ayant ses particularites, nous nous ingenions a identifier a la lumiere de la frontale comment le passer. Jusqu'a devoir ramper en poussant le sac devant nous.
Contourner les arbres? Mm, oui, peut etre, si l'on accepte de se lancer sur ses pentes tres raides et glissantes auxquelles le sentier s'accroche. Et sans lumiere, encore. Bref, je prefere ramper.
Nous arrivons enfin au premier site de bivouac, apres avoir triomphe de six ou sept arbres. La vue promise sur la mer se fait desirer, il s'agit juste d'un peu de plat entoure d'arbres qui interrompt la pente. Le lieu est triste et glacant... Nous finissons bien vite la petite flasque de vin et nous glissons sous les duvets en esperant qu'une nouvelle journee arrivera au plus vite.
Le lendemain matin nous voit plus optimistes, quoique: certes, on peut apercevoir la mer entre deux feuillages, mais des nuages epais s'accrochent aux hauteurs. Nous voila quand meme partis vers le bout du canyon et un peu plus... jusqu'a ce que nous soyons arretes par un nouvel arbre. Et puis encore un: j'abandonne la partie. Et insiste pour qu'Eric en fasse autant et me pardonne.
Bref, on refait les sacs, et on decouvre que de jour les obstacles sont quand meme plus faciles a passer ; si, on peut monter ou descendre un peu la pente pour trouver des bouts de tronc moins touffus, mais ou avait-on pu ramper deja hier soir? Un grand soulagement quand meme a ressortir des arbres et retrouver le vrai paysage marin.
Le fin mot de l'histoire? Il semble y avoir eu un grand coup de vent le 27 decembre, et le chemin est declare
impassable - quoiqu'il ait ete frequente un peu depuis, c'est vrai.



Au fait, nous sommes le 31 Decembre! Il est temps de retrouver un peu de confort et une douche. Nous terminons la cote, faisons un arret devant les elephants de mer de San Simeon, et nous arretons enfin a Santa Barbara. Comme dans la chanson.



Des elephants de mer, des males, des femelles, des petits... si on regarde bien.

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