american philanthropy
J'ai deja parle rapidement dans ce blog de miriam's kitchen, une association de petits dejeuners populaires. Il y a deux semaines a eu lieu notre soiree de bienfaisance majeure de l'annee - intitulee 100 bowls of compassion.
Pour cette soiree, et pendant des semaines, des centaines de benevoles collectent des dons de nourriture, preparent des mets gastronomiques, obtiennent des objets d’art et des lots a mettre aux encheres. Nous meme avions passe une matinee le week end precedent, avec Sandra, Katharina, et une equipe de dix volontaires, a emincer des poulpes, cuire du quinoa, et preparer des empanadas. Le theme de cette annee etait l'amerique du sud, aussi l'equipe de chefs de miriam's avait-elle mis au point une serie de recettes originales sur les principes de la cuisine sud-americaine. Tamale au quinoa et a l'anis, toast au canard vinaigre, beignets de yucca, empanadas aux haricots noirs et plantains, noix du bresil sautees et pimentees, ceviche de crevettes, etc, et un 'rafraichissement avant les desserts', le sorbet de noix de coco aux éclats de noix pimentees, tres, tres bon.
La soiree se passait dans le grand hall du national building museum (en voir ici un virtual tour): grandes colonnes, draperies, une fontaine, orchestre classique pour ‘entertain’ nos six cent et quelques bienfaiteurs qui avaient cher paye leur place (250$ et plus). La premiere partie de soiree etait un cocktail dinatoire, pendant lequel nos invites avaient la possibilite d’acheter des poteries et pieces de vaisselle en encheres silencieuses (silent auction, very popular this side of the Atlantic). Entre deux tours avec les plateaux, nous nous pouvions gouter a quelques uns des mets en cuisine, voir meme attraper une capirinha sur le chemin de retour vers la cuisine. Pas tres professionel me direz vous, mais ce que c’est que de faire une soiree avec les benevoles.
Apres le sorbet noix de coco, les bienfaiteurs ont ete invite a prendre des desserts et s’asseoir pour la veritable distraction de la soiree – les encheres, live. Les lots etaient assez interessants et tres varies, depuis des tickets pour trois saisons de base ball a DC, une parure de bijoux, un week end dans un cottage sur la cheesepeake bay, un tableau, ou bien une semaine dans une maison de vacances a mexico, avec son personnel de maison. Mais le meilleur, evidemment c’etait le dernier lot, un diner dans un grand restaurant avec le critique culinaire du Washington Post. Les lots ont ete assez disputes et sont partis a des prix bien superieurs a nos moyens – au temps pour les 3000$ a payer pour le diner gastronomique.
Enfin les dernieres encheres etaient sur le principe du ‘everybody wins’, qui sont un pur don : tous ceux qui le voulaient, et ils etaient nombreux, pouvaient subventionner une semaine de nourriture a miriam’s kitchen, un hebergement dans le foyer de reinsertion, ou une semaine de fournitures pour les activites artistiques. All in all, la soiree fut un grand succes, l’argent a coule a flots, les bienfaiteurs ont passe un bon moment, les volontaires se sont amuses et ont pu partir avec des doggy-bags consequents (dont nous avons fait bon usage au barbecue du week end).
Maintenant, cette debauche de philanthropie a l’americaine a quelque chose d’un peu indecent. Serait ce que les americains sont plus genereux que nous ou bien ont-ils beaucoup plus d’argent (pour ceux qui en ont) dont ils ne savent que faire? Serait ce que la societe americaine est si profondement inegalitaire, et l’Etat trop peu present, pour qu’un mecanisme de correction spontanement existe ? Certes, on pourrait souhaiter avoir de telles collectes de fonds en France, c’est efficace et plaisant (250 000$ environ recoltes, moins les frais occasionnes), mais n'est il pas plus democratique que tout un chacun participe – qui pour des pieces jaunes, qui pour la croix rouge dont les volontaires battent les rues. Enfin, en etant volontaire pour cette soiree on est aussi force a une sorte de mise en miroir sur nous-mêmes – nous ne sommes pas si loin de devenir ces memes bienfaiteurs de la bonne societe que nous accueillions... si nous restions aux etats unis.
Pour cette soiree, et pendant des semaines, des centaines de benevoles collectent des dons de nourriture, preparent des mets gastronomiques, obtiennent des objets d’art et des lots a mettre aux encheres. Nous meme avions passe une matinee le week end precedent, avec Sandra, Katharina, et une equipe de dix volontaires, a emincer des poulpes, cuire du quinoa, et preparer des empanadas. Le theme de cette annee etait l'amerique du sud, aussi l'equipe de chefs de miriam's avait-elle mis au point une serie de recettes originales sur les principes de la cuisine sud-americaine. Tamale au quinoa et a l'anis, toast au canard vinaigre, beignets de yucca, empanadas aux haricots noirs et plantains, noix du bresil sautees et pimentees, ceviche de crevettes, etc, et un 'rafraichissement avant les desserts', le sorbet de noix de coco aux éclats de noix pimentees, tres, tres bon.
La soiree se passait dans le grand hall du national building museum (en voir ici un virtual tour): grandes colonnes, draperies, une fontaine, orchestre classique pour ‘entertain’ nos six cent et quelques bienfaiteurs qui avaient cher paye leur place (250$ et plus). La premiere partie de soiree etait un cocktail dinatoire, pendant lequel nos invites avaient la possibilite d’acheter des poteries et pieces de vaisselle en encheres silencieuses (silent auction, very popular this side of the Atlantic). Entre deux tours avec les plateaux, nous nous pouvions gouter a quelques uns des mets en cuisine, voir meme attraper une capirinha sur le chemin de retour vers la cuisine. Pas tres professionel me direz vous, mais ce que c’est que de faire une soiree avec les benevoles.
Apres le sorbet noix de coco, les bienfaiteurs ont ete invite a prendre des desserts et s’asseoir pour la veritable distraction de la soiree – les encheres, live. Les lots etaient assez interessants et tres varies, depuis des tickets pour trois saisons de base ball a DC, une parure de bijoux, un week end dans un cottage sur la cheesepeake bay, un tableau, ou bien une semaine dans une maison de vacances a mexico, avec son personnel de maison. Mais le meilleur, evidemment c’etait le dernier lot, un diner dans un grand restaurant avec le critique culinaire du Washington Post. Les lots ont ete assez disputes et sont partis a des prix bien superieurs a nos moyens – au temps pour les 3000$ a payer pour le diner gastronomique.
Enfin les dernieres encheres etaient sur le principe du ‘everybody wins’, qui sont un pur don : tous ceux qui le voulaient, et ils etaient nombreux, pouvaient subventionner une semaine de nourriture a miriam’s kitchen, un hebergement dans le foyer de reinsertion, ou une semaine de fournitures pour les activites artistiques. All in all, la soiree fut un grand succes, l’argent a coule a flots, les bienfaiteurs ont passe un bon moment, les volontaires se sont amuses et ont pu partir avec des doggy-bags consequents (dont nous avons fait bon usage au barbecue du week end).
Maintenant, cette debauche de philanthropie a l’americaine a quelque chose d’un peu indecent. Serait ce que les americains sont plus genereux que nous ou bien ont-ils beaucoup plus d’argent (pour ceux qui en ont) dont ils ne savent que faire? Serait ce que la societe americaine est si profondement inegalitaire, et l’Etat trop peu present, pour qu’un mecanisme de correction spontanement existe ? Certes, on pourrait souhaiter avoir de telles collectes de fonds en France, c’est efficace et plaisant (250 000$ environ recoltes, moins les frais occasionnes), mais n'est il pas plus democratique que tout un chacun participe – qui pour des pieces jaunes, qui pour la croix rouge dont les volontaires battent les rues. Enfin, en etant volontaire pour cette soiree on est aussi force a une sorte de mise en miroir sur nous-mêmes – nous ne sommes pas si loin de devenir ces memes bienfaiteurs de la bonne societe que nous accueillions... si nous restions aux etats unis.
No comments:
Post a Comment