Il a neigé dans le train !
Avant d’en arriver la, glace et pelletees de neige sur les plateformes du train, il y a eu un long, long week end et surtout un voyage presque interminable.Je devais aller a la rencontre de Clemence, ma petite sœur en voyage avec son lycee au Quebec. Le groupe ayant un programme des plus denses – un jour et demi a Montreal, puis Quebec, puis Aylmer et Ottawa, et de mon cote le week end n’etant pas tres extensible ces temps ci (autrement que grace aux AWS, si vous avez bien revise votre lecon de sigles), il apparaissait qu’une rencontre au somme Samedi passe serait de l’ordre du possible et le plus recommande.
Pour se rendre de Washington a Montreal existent un certain nombre de possibilités : 600 miles environ, soit une a deux heures d’avion, douze heures de bus, une journee de train, 4 jours de velo a minima – voire plutot 10 jours disons.
L’avion est cher et les horaires peu pratiques – tiens, oui, au fait, pourquoi n’y a-t-il pas de compagnie « low cost » aux Ameriques, pourtant royaume du marche ? Le train quotidien ne circule que de jour, il semble une mauvaise idee de sacrifier deux jours de trajet.
Reste donc… non, non pas le velo…. Greyhound. Un des mythes americains, ce qui ne tombe pas plus mal.
Depart ainsi vendredi soir de Washington, changement rapide a New York. Tout juste le temps d’apercevoir l’exact oppose, ou presque, de ce qu’est la ville washingtonienne : des immeubles eleves, des lumieres, du bruit, et une foule de gens presses, des gens, des gens.
Le bus etant quasi-vide, nous avions pu nous installer le moins inconfortablement possible pour la nuit – reste bien sur les arrets reguliers aux villes intermediaires, la lumiere brutalement allumee, l’appel du chauffeur de bus.
.. Ah, parlons-en de ce chauffeur de bus. Jeune et semble-t-il sympathique, ou est-il aujourd’hui ? In jail ? Homeless ? On the dole ? (bien que l’on puisse douter de l’existence d’indemnites sociales pour son cas et dans ce pays)
A six heures du matin en effet nous voyons monter a bord un ranger, chapeau et veste kaki, chewing gum au bec, ou presque.
- Guys, you want to come out of this bus, the driver is going to come with me.
- ….?
- Guys, nothing’s wrong, you’re going to stay here, there’s a cafeteria just over there, someone is going to pick you up.
- ….
Maugreant, nous eveillant tant bien que mal, protestant
sans succes, nous sommes installes dans la “cafeteria” d’une station service, au beau milieu d’une foret semble-t-il immense, sur une route semble-t-il desertee. Pas de reseau telephonique, cinq clients accoudes au comptoir : nous voila soudain projetes dans l’Amerique profonde.Un cafe plus tard – ah, mon premier vrai cafe americain, tout a fait imbuvable – une serveuse reveche, quelques œufs brouilles et des toasts, nous voila en etant de conjecturer et de nous inquieter. La seule explication que nous aurons jamais est que « the driving license was expired, nothing’s wrong, don’t worry », ce qui parait a la fois peu et beaucoup. Faut-il ajouter que vers 3h du matin le meme chauffeur avait brule un feu (« run a light », on acquiere du vocabulaire) et quasi-embouti un SAV et une voiture qui arrivait sur le carrefour ? There’s something definitely dodgy there.
3h d’attente plus tard, enfin un nouveau bus, un chauffeur a qui il a fallu expliquer ce qui etait arrive et qui ne voulait pas nous croire, enfin une heure perdue a montreal le temps que le « baggage boy » de service ce jour la nous persuade que le manager aupres de qui nous voulions si desesperement nous plaindre etait bien en vacances, et qu’il nous donne une adresses pour la reclamation.
Curieusement, ou sans doute pouvait-on s’y attendre, nous avions reussi a etre de quasi-bonne humeur tant que le groupe etait reste ensemble – des canadiens, americains, des voyageurs de passage pour quelques heures a montreal avant de retourner aux etats-unis (qui pour un tournage, qui pour un demmenagement…), des locaux de retour de vacance – mais voila que, a peine partis chacun de notre cote, l’enervement et la fatigue prennent le dessus… we hate them, we hate greyhound, we hate montreal !
Ok, quelques minutes d’exasperation et une douche a l’hotel plus tard, je peux emerger et tenter de retrouver le groupe en goguette dans les rues de la ville.
Rendez-vous est pris pour le debut d’apres-midi au biodome, sorte de zoo sous bulle. Clemence est bien la, semble bien plus alerte que moi, une quarantaine d’autres jeunes, cinq profs du lycee – ah non, pas d’anciens profs, mais quelques visages connus.Clem etant decidemment en forme, j’ai ensuite opte pour le chocolat chaud tandis que les jeunes allaient faire des glissades - mais surtout nous avons pu passer un veritable apres-midi ensemble, ce qui n’avait pas du arriver depuis…. dix ans ? quinze ans ?

Le recit deja long jusque la meriterait une conclusion heureuse « et elles repartirent aisément chacune de leur cote », helas l’adversite des voyages a encore frappe.
A sept heures du matin dimanche, on nous apprend que tous les bus sont annules, tempete de neige historique sur New York et sur tout le nord-est des etats-unis. Difficile a concevoir quand le temps est si beau au Canada.
Ayant toute la journee pour voyager, je me suis dirigee vers le train (quotidien) pour les Etats-Unis, qui rejoint NY en neuf heures, puis en quatre heures pour la maison.
Le premier retard nous vient des douaniers, sans doute s’ennuyaient-ils bien en cette gare deserte, et sans doute le pays est-il devenu bien suspicieux aussi? Nous avons ete arretes deux heures sur les voies, pendant que certain voyageurs etaient emmenes et rejetes au Canada: italiens sans visa, personnes interdites de sejour, que sais-je encore ?, tous de dangereux criminels en puissance of course.
Le paysage est quelconque et devient vite insupportable – je vous laisse essayer de fixer cette photo pendant deux heures.Le train reparti les choses se sont arrangees : des lacs, des arbres, des rochers, des plaques de neige, l’ensemble est plutot esthetique. Ce n’est que tres tardivement que nous rencontrons la vraie neige, pour le coup les plateformes du train se remplissent de glace et de poudreuse, brrrr.
And the trains were running late, of course.
L’arrivee a Washington a 2h30 lundi matin conclut le week end, avec surtout un grand soulagement d’en avoir fini pour quelques jours avec les transports.
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