Friday, June 23, 2006

"en finir"

"I'd like to close Guantanamo, but I also recognize that we're holding some people there that are darn dangerous and that we better have a plan to deal with them in our courts," Bush told a news conference in the White House Rose Garden on June 14th.
Buddy, you're darn beginning to get it. But so slowly yet.


George W. Bush affirme vouloir "en finir" avec le camp de Guantanamo

LEMONDE.FR 21.06.06 17h02 • Mis à jour le 22.06.06 08h53

Le président américain, George W. Bush, a affirmé mercredi 21 juin à Vienne, lors du sommet annuel entre l'Europe et les Etats-Unis, qu'il souhaitait fermer le camp de Guantanamo, dans des termes beaucoup plus affirmatifs que ceux qu'il avait pu employer par le passé.

"D'abord, je veux en finir avec Guantanamo, nous voulons mettre ça derrière nous", a déclaré le président américain lors d'une conférence de presse tenue en commun avec le chancelier autrichien, Wolfgang Schüssel – dont le pays préside l'Union européenne – et le président de la Commission, José Manuel Barroso. George W. Bush a également dit "comprendre les préoccupations" des Européens quant à ce camp où sont détenus sans jugement quelque 460 prisonniers de la "guerre contre le terrorisme".

Pour certains détenus de ce camp situé à Cuba, "notre désir est de les renvoyer chez eux" où ils seront jugés le cas échéant par les tribunaux locaux, a-t-il dit. "UN SIGNAL CLAIR"
"Il y en a qui devraient être jugés par les tribunaux américains", a-t-il ajouté. "Ils assassineraient quelqu'un s'ils étaient libérés (...). Mais nous ne laisserons pas sortir des gens qui feraient du mal".
M. Bush a aussi rappelé que les Etats-Unis négociaient avec les pays d'origine des détenus pour pouvoir les extrader, et qu'il refusait de relâcher quiconque à défaut d'accord avec ces Etats. "Il s'agit de tueurs de sang-froid [qui] tueront s'ils sont remis en liberté", selon M. Bush.
M. Schüssel s'est montré satisfait de cette réponse. "Nous avons eu un signal clair, un engagement clair des Etats-Unis", a-t-il déclaré.
La Cour suprême américaine doit statuer dans les semaines à venir sur la possibilité de juger certains des prisonniers dans des tribunaux militaires du pays.
Avec AFP, Reuters et AP

Monday, June 19, 2006

Fourche du Nord

C'est toujours avec une grande fascination ou un grand degout que l'on observe la vie des petites betes. Chenilles rampantes, araignees fileuses, moustiques agressifs, papillons rares, nous ont accompagne deux jours et deux nuits en foret mais finalement je me suis surtout liee d'amite avec deux coleopteres mordores. Qui appreciaient peut-etre ce tissus tres vegetal. (Notiophilus palustris?.. pas sur... Calosoma?.. peut-etre un peu plus. Un bete hanneton? Le chrysolina, qui n'a rien a voir est pas mal aussi en tout cas, contrairement a l'horrible trichodes. Brrr) .
Cette rencontre d'un autre type, c'etait le microcosme de la Virginie de l'Ouest, il y a une dizaine de jours. Notre projet du week end etait de suivre le
North Fork Mountain Trail, une piste de 24 miles le long du ridge d'une des formations geologiques du cote de Seneca. La piste est longue (pour rappel 24*1.61= environ 38.62km), deserte, depourvue de tout point d'eau, et presque sauvage.
















Le chemin passe en realite sous l'arrete et n'offre que de rares points de vue: nous avons donc vu des chenes, des noyers, des frenes, des pins, du laurier rose en quantite et beaucoup, beaucoup de bush. De temps en temps une petite remontee pour s'echapper du sous-bois et regarder la vallee en contrebas.... 40km Nord-Sud represente une belle distance, mais nous, les quatre europeens du groupe, restions surpris de la monotonie des vues: arrete, foret qui devale les contreforts, une longue vallee et quelques paturages au fond, des bouts de rochers, et puis d'autres collines a l'horizon. Face a ce paysage propre a entrenir la confusion, l'identification de LA falaise de Seneca Rocks, un des hauts lieux de l'escalade de la cote Est, a ete un jeu de deux jours, et a donne lieu a de nombreux debats au sein de nos specialistes de l'escalade: ci-apres Gab, Eric l'americain, et Eric le francais.
Les grands moments du week end pour les huit coequipiers? Des jonchees de laurier rose en fleur, des pauses meritees dans les herbes hautes, un feu de camp chaleureux et necessaire pour lutter contre le froid a 4000 pieds d'altitude, les salades de pates des amis italiens Gretel et Chris (mammamia), des sacs de plus en plus legers au fil des heures, et le pastis du samedi soir. (Plutot apprecie par les deux francais de la bande, curieusement, Eric et moi).
Les photos donneraient presque a penser que le temps etait merveilleux - en realite nous avons du photographier plus volontiers les quelques rayons de soleil que le reste. Nous voici en tout cas ci apres sur le depart, Dimanche matin, only 10 more miles to go. Il semble bien s'agir de: Chris Gretel Mel Eric et Jane

Gretel et Eric en repos apres la marche.

Wednesday, June 14, 2006

Visiting DC & NY

Visite de Dominique a Washington fin Mai: botanical garden, adams morgan, dupont, georgetown, eastern market, du velo, randonnee a Shenandoah, velos voles, diner mexicano-franco-argentin at home, da White house, da WB, operettes americaines, du travail, cuisine ethiopienne, danses indonesiennes. Et pas un seul starbuck. Non? Si.




















Et pour terminer Memorial Day week end a New York - les Etats-Unis connaissent eux aussi les jours feries de printemps ! (enfin, un jour ferie) - ce qui permet de passer trois jours de tres beau temps dans une ville desertee par ses locaux: Skyline, skyline, skyline, immigration a Ellis Island (que l'on m'explique pourquoi aucun Roux n'est passe par la?), 6m2 au Pickwick Arms Hotel, MOMA, MET, un croco sur le toit du MET, the Village, Central Park, the Cloysters, le Rockfeller centre tres tres haut, Chinatown et chinatown bus, asian, turkish, mexican food, et, et last but not least, brunch at the Pain quotidien. Like a taste of Belgium in Paris.

A real new world

Taliking about Al Gore, here's the best of him in 4 min - with he Saturday Night live show !!:
http://movies.crooksandliars.com/SNL-Al-Gore-5-14-06.wmv


(Et si, et si Al Gore avait ete elu, les glaciers attaquant les Etats-Unis, l'Afghanistan lieu de destination touristique, et la Californie independante).

Tuesday, June 13, 2006

Lettre a Al

Dear M. Al Gore,
I watched last night with great interest the very good documentary with and by you, "
An inconvenient truth". What an undertaking it is, to change public view on climate change, CO2 concentration and more importantly what we as individual human beings and societies can do to help prevent it. We will remember your very dynamic, clear, funny, terrifying, and challenging slide show, and regret we had no opportunity to attend to it live yet. I, as a French native, was also very interested by learning more about you and your personal history, and what led to the form of activism you're engaged in today.
Of course we could regret that to much time is spent on demonstrating the correlation between the unremitting increase in CO2 concentration and climate change, when most of the audience for the movie actually is all too convinced about it. Or is it that I am to European and thinking about a more aware audience than the typical, grass-root American one is ? Is it also my scientific training that makes me wince when suddenly all is bundled together emotional Katrina - emerging diseases - hunger in Africa ? ... It takes more than CO2 emissions to create these things - it's a tale of poor governance, unregulated and uncontrolled globalisation, and it could and should be linked to more general environmental degradation and political unrest.
We could have enjoyed more detailed explanations about the risk for sudden climate change and environmental imbalance (leaping rather than gradually changing), and wouldn't have minded an introduction to natural counter-balancing effects (growth in algae for example)... which, by the way, is often one of the arguments used by the ones who feel it is urgent to wait longer. Another, sadly, widespread thought is that when impacts are no longer limited, and it becomes profitable to fight off environmental degradation, then the economy and the free market, with the help or our already available or soon to be, technology, will develop in this direction and help us come out of this tight corner. L'humanite rebondit, yet it is our duty to help prepare for this and limit the damages that will precede the change.
As you said very well, people all to often jump from denial to despair, without stopping on the action stage. Developing and expanding on what we should and can do is definitely the crux and where to put the emphasis.
But I will stop here. Let me only congratulate you again and wish you good luck with your undertaking. Let me also tell you that it was an opportunity for me to hear about
Moveon.org , which, in terms of citizens mobilisation and sustaining democraticy, yields a stunning and inspirational story.

Monday, June 12, 2006

10am, time for coffee break

Comme j'ai bien tarde a donner de nouvelles nouvelles, je choisis la voie de tangente pour recommander le lien vers un article de USA today et le blog des journalistes de Liberation a Washington, l'heure americaine. Eh oui, nonobstotant l'actualite du moment, le rejet de l'amendement anti gay a la constitution par le Senat, le debut de la coupe du monde de soccer, les nouvelles de Guantanamo, le film d'Al gore sur le changement climatique ou la campagne d'Hillary Clinton, n'en oublions pas l'important ici et maintenant : l'heure du doble capuccino en el starbuck (les serveuses sont espagnoles) !
Non que l'on soit tres ardent defenseur du cafe mondialise nouveau style, mais, quand meme, difficile de boire un cafe decent en dehors des starbuck ou du concurrent local Caribou (si, si), et puis la Banque a sous-traite ses cafes a la compagnie... je vous laisse lire le debat de l'Heure americaine sur les troquets parisiens enfumes-pas sympas-au cafe amer versus la modernite aseptisee pour vous faire votre idee. Et un noir bien serre avec ca !

Wednesday, May 17, 2006

Happy birthday - Sana helwa wa gamil

Mai, c'est la saison des anniversaires - frere et soeurs, tante, oncle, pere, etc, soit la moitie de la famille !... Pas grande raison ou logique derriere cette concentration - surtout, ne parlons pas de genetique pour cela - mais un drole de modele familial.
On essaye tant bien que mal de suivre le rythme a coups de cartes electroniques, tours sur Amazon et cartes de voeux, desolee par avance si tout cela arrive un peu de maniere chaotique !
Allez, mille pensees a tous pour le coup et bon anniversaire aux Mai-iens, famille et pas famille !

Monday, May 15, 2006

broke(n) health

Au milieu des titres du Monde une discussion au Parlement sur l’acces au credit pour les malades – encore une fois les Etats-Unis sont cites en exemple. Dieu sait pourtant si le systeme de sante ici en general laisse a desirer.
Les medias n’en parlent que tres episodiquement. Une loi au Massachussetts qui introduit une couverture medicale universelle, une etude de Harvard bien inquietante sur les consequences economiques des maladies, et voila notre sujet – decidemment bien malade - reanesthesie pour quelques mois, couverture rabattue.
L'acces aux soins universel tient a peu pres du miracle dans ce pays et difficile de savoir si l’initiative sera durable : sa grande force de vente est en effet sa gratuite. Ses piliers sont, si je me rappelle bien, que toutes les personnes en etat d’avoir une assurance medicale personnelle soient obligees de payer une cotisation et de s’assurer, ainsi par exemple les jeunes travailleurs pour qui cela n'est souvent pas un poste de depense prioritaire ; d’autre part, que l’acces gratuit aux soins pour les plus demunis permettra une meilleure prevention et traitement avant que la maladie ne devienne grave – exit dont les couts eleves pour l’Etat de traitements curatifs lourds et de maintien de services d’urgence qui assurent pour beaucoup un accueil et des soins aux demunis. Charite bien ordonnée commence par etre a cout nul… reste a voir si le raisonnement financier est adequat, les electeurs pourraient se trouver mal lotis malcontents de voir, contrairement aux promesses, la facture collective augmenter.


« Sick and broke », c’est l’intitule d’une prise de position d’un Professeur de Havard. Son equipe a pu montrer que la moitie des declarations de faillite personnelle viennent de la sante, ou plutot du manque de. Pour leur majorite, ce sont des middle class americains, brutalement declasses voire qui se retrouvent dans des situations de grande pauvrete. Pour leur majorite, aussi, ce sont des beneficiaires d’assurance maladie qui ont pris soin de payer leurs dus, traites, et premiums. Cinq cent mille mericains seraient dans cette situation chaque annee ! Elizabeth Warren suggere que l’Etat souhaite aller plus loin et durcir les conditions de declaration de faillite personnelle – sur ce point peu d’informations, cependant meme le « business as usual scenario » apparaît en lui-meme inquietant.... mais, chut!, le patient dort et quel tantrum si on le reveillait.

Sick and Broke
By Elizabeth Warren
Wednesday, February 9, 2005; Page A23

Nobody's safe. That's the warning from the first large-scale study of medical bankruptcy.
Health insurance? That didn't protect 1 million Americans who were financially ruined by illness or medical bills last year. A comfortable middle-class lifestyle? Good education? Decent job? No safeguards there. Most of the medically bankrupt were middle-class homeowners who had been to college and had responsible jobs -- until illness struck.
As part of a research study at Harvard University, our researchers interviewed 1,771 Americans in bankruptcy courts across the country. To our surprise, half said that illness or medical bills drove them to bankruptcy. So each year, 2 million Americans -- those who file and their dependents -- face the double disaster of illness and bankruptcy.
But the bigger surprise was that three-quarters of the medically bankrupt had health insurance.
How did illness bankrupt middle-class Americans with health insurance? For some, high co-payments, deductibles, exclusions from coverage and other loopholes left them holding the bag for thousands of dollars in out-of-pocket costs when serious illness struck. But even families with Cadillac coverage were often bankrupted by medical problems.
Too sick to work, they suddenly lost their jobs. With the jobs went most of their income and their health insurance -- a quarter of all employers cancel coverage the day you leave work because of a disabling illness; another quarter do so in less than a year. Many of the medically bankrupt qualified for some disability payments (eventually), and had the right under the COBRA law to continue their health coverage -- if they paid for it themselves. But how many families can afford a $1,000 monthly premium for coverage under COBRA, especially after the breadwinner has lost his or her job?
Often, the medical bills arrived just as the insurance and the paycheck disappeared.
Bankrupt families lost more than just assets. One out of five went without food. A third had their utilities shut off, and nearly two-thirds skipped needed doctor or dentist visits. These families struggled to stay out of bankruptcy. They arrived at the bankruptcy courthouse exhausted and emotionally spent, brought low by a health care system that could offer physical cures but that left them financially devastated.
Many in Congress have a response to the problem of the growing number of medical bankruptcies: make it harder for families to file bankruptcy regardless of the reason for their financial troubles. Bankruptcy legislation -- widely known as the credit industry wish list -- has been introduced yet again to increase costs and decrease protection for every family that turns to the bankruptcy system for help. With the dramatic rise in medical bankruptcies now documented, this tired approach would be no different than a congressional demand to close hospitals in response to a flu epidemic. Making bankruptcy harder puts the fallout from a broken health care system back on families, leaving them with no escape.
The problem is not in the bankruptcy laws. The problem is in the health care finance system and in chronic debates about reforming it. The Harvard study shows:
• Health insurance isn't an on-off switch, giving full protection to everyone who has it. There is real coverage and there is faux coverage. Policies that can be canceled when you need them most are often useless. So is bare-bones coverage like the Utah Medicaid program pioneered by new Health and Human Services Secretary Mike Leavitt; it pays for primary care visits but not specialists or hospital care. We need to talk about quality, durable coverage, not just about how to get more names listed on nearly-useless insurance policies.
• The link between jobs and health insurance is strained beyond the breaking point. A harsh fact of life in America is that illness leads to job loss, and that can mean a double kick when people lose their insurance. Promising them high-priced coverage through COBRA is meaningless if they can't afford to pay. Comprehensive health insurance is the only real solution, not just for the poor but for middle-class Americans as well.
Without better coverage, millions more Americans will be hit by medical bankruptcy over the next decade. It will not be limited to the poorly educated, the barely employed or the uninsured. The people financially devastated by a serious illness are at the heart of the middle class.
Every 30 seconds in the United States, someone files for bankruptcy in the aftermath of a serious health problem. Time is running out. A broken health care system is bankrupting families across this country.
The writer is a law professor at Harvard University.

Wednesday, May 3, 2006

Water & rock

Nous voici decidemment familiers de Great Falls - voici la quatrieme visite de ce mini (on en fait le tour en trois heures) et beau parc national !
Ci-apres une photo bien plus impressionante que prevu - surtout lorsque l'on sait que sandro est un debutant :
Et la visite d'un blue butterfly a la recherche de compagnie sans doute - vous noterez en arriere-plan la quantite de coquillages curieusement amasses a "sand box corner", la plage des gorges.
Enfin pour l'aspect water il faut regarder du cote de Key Bridge sur le Potomac: sandro et laura au depart, un mix americano-peruvien.

Nous avons bien dans l'idee un jour de faire du kayak dans les rapides de great falls ou peut-etre encore plus amont, mais, en l'absence de voiture, l'heure sur l'eau a partir de Georgetown, suivie d'un brunch au waterfront, se defend pas mal aussi. Manque sur la photo les avironneux, yet an idea for another day ?

La team franco-italienne, avec Gretel.

Sunday, April 30, 2006

Un haiku de printemps

De tous les cotés
Les vents apportent des petales de cerisier
Au lac des grebes.
Basho Matsuo1644~1694







Difficile de ne pas penser au Japon et a ses haikus pres du Bassin des marees au debut du printemps. De maniere ephemere et foisonnante fleurissent des milliers de cerisiers du Japon: beaucoup de rose, blanc, des petales qui volent au vent, et des visiteurs charmes.





L'histoire nous apprend que 3 000 plants furent donnes par Tokyo a la ville en 1912, et plantes entre le Potomac et le Mall, autour du Tidal Basin. Entretenus, celebres, replantes, adoptes voire sponsorises depuis, les arbres ont eu le temps de devenir des ancetres de cerisiers, courbeux, noues, deformes. Leur gloire ne dure que deux semaines fin Mars debut Avril, lorsqu'enfin les fleurs apparaissent, mais alors sont-ils abondamment couronnes par la ville.
Le cherry blossom festival est un drole de melange entre foire d'attraction, celebration de l'amitie sino-americaine, et aimant a touristes - on approche le million de visiteurs en une semaine parait-il. Le charme de la nature que le festival ne pourra certes pas diminuer est l'infiabilite (irreliabilite) de la chose: floraison retardee ou prematuree, orages de printemps, et voila que les spectateurs n'ont rien a contempler et que les petales partent a vau l'eau.

Par coincidence je lisais a cette meme periode, non pas le trop celebre Memoirs of a Geisha d'Arthur Golden, mais Geisha de
Liza Dalby, "the only foreigner to become a geisha" comme l'explique la jaquette - en fait une jeune sociologue americaine devenue geisha en 1974-75 - , qui parle elle aussi du cherry blossom festival a Kyoto - tout un art de vivre iki semble-t-il pour le flower and willow world.



Enfin, pour un habitant de Washington, les cerisiers du Japon se trouvent bien en dehors de la vie quotidienne - qui d'autres que les commuters en voiture passerait au sud du Mall - et la ville ne prend un air de printemps qu'apres, lorsque les feuilles sortent, la temperature monte, et les arbres du commun fleurissent. Pour le coup nous allons dejeuner regulierement sur la terrasse du H building, ou fleurit une magnifique glycine (ou
Wisteria, glyzine, glicine dependant des participants au dejeuner) qui rappelle Corbeil et garde ma preference.

Friday, April 28, 2006

Deux jours a Annapolis

Hey, what's new in DC ?
Inutile de vous repeter que je suis tout a fait en retard sur les mails, internet, anniversaires, le temps passe vite par ici. Dans les nouvelles, un peu plus de travail, avec dans dix jours la venue de nos consultants anglais qui va demander beaucoup de preparation, le
festival du film de DC (trois films en trois jours le week end dernier, record sans doute battu de loin!) , et une retraite a Annapolis.
Notre retraite, ou "retreat", c'est une gestion tres a l'americaine de notre Departement: la grande majorite des personnels de "agriculture et rural development" au centre (une quarantaine donc), une ville de bord de Cheesapeake Bay, un grand hotel, des jeux, recompenses, elections de "collegue le plus en mission" et "collegue le plus drole".... la portee operationnelle de la chose est intangible - nous devions reflechir au comparative advantage de notre Department - mais l'ensemble etait bien sympathique, avec soiree dansante et lancer d'avions en papier.
(Et pendant ce temps, le monde continue a tourner sans nous, mieux ou mal, qui sait)
Le week end s'annoncant tres beau nous allons - a nouveau - nous diriger vers les petits falaise de Great Falls, et bientot, bientot nous effectuerons une vraie sortie !, pour le reste: du repos, un nouvel invite dans le salon (allemand je crois, apres avoir eu un americain venant d'australie et une new yorkaise), sans doute un diner en terrasse, les devoirs d'arabe (sait-on jamais?), quiet, quiet.

Wednesday, April 12, 2006

Alles uber Sophie Scholl

A la tres grande surprise des nombreux amis allemands, nous, francais, mexicains, americains, n'avions jamais entendu parler de Sophie Scholl. De la a savoir, de plus, qu'un film eponyme faisait parler de lui en Allemagne et qu'il a traverse l'Atlantique plus vite que la fontiere...
Donc, film retracant l'histoire tragique d'une toute jeune resistante, en 1943, et de ses compagnons de route, juges et executes en l'espace de quelques jours. Sophie Scholl a semble-t-il acquis un statut d'icone outre-Rhin, et le film est
beau et poignant, c'est vrai, et puis montre une part occultee de l'Allemagne hitlerienne.
Contrairement a la plupart des critiques lues jusque la, j'ajouterais un bemol sur l'opposition surjouee entre la betise des interrogateurs et l'engagement magnifique de Sophie, mais petit bemol s'il en est.
Enfin, depuis les US, nous esperons que le film, qui sort aujourd'hui en France, fera beaucoup parler de lui.

Monday, April 10, 2006

qu'est-ce-qui fait manifester les US?

Des rassemblements de centaines de milliers de manifestants ? Un parlement largement divise au-dela des frontieres politiques ? Un compromis historique qui s'est effondre en quelques heures ? Bienvenue dans la reforme legislative de l'immigration aux Etats-Unis.
Georges W. Bush souhaitait depuis le debut de son nouveau mandat une reforme du code legislatif de l'immigration, son dernier toilettage remontant a plus d'une dizaine d'annees. Or, la Chambre des representants en Decembre a adopte une proposition de loi "dure", qui criminalise les clandestins - jusque la peu inquietes lors de leur sejour americain. Ces clandestins, cependant, ce sont une douzaine de millions de personnes, dont une part importante de latinos tres soutenus par leur communaute legale.
Voici donc les partis politiques divises, entre les milieux d'affaires qui peuvent souhaiter des regularisations pour fluidifier le marche du travail, les populistes qui s'appuient sur des circronscriptions locales tres conservatrices et la peur d'un renversement demographique pour esperer gagner les elections de 2006, et d'autres politiques qui parient sur l'electorat latino pour leur reelection.
Les senateurs pris entre deux feux - pressions de la Maison Blanche pro-"guest-worker program" et pressions de la rue, avec rassemblements reguliers de demi-million de
manifestants dans le pays - ont devoile jeudi dernier une proposition historique de compromis : regularisation des residents depuis plus de cinq ans, distribution de visas pour 1.5 millions de personnes dans l'agriculture, mais aussi durcissement des conditions aux frontieres et criteres exigeants d'attribution du droit de residence... qui n'a survecu que le temps de s'en feliciter.
Les commentateurs politiques s'en donnent a coeur joie: des democrates veulent empecher une avancee historique qui serait portee au credit des republicains, des republicains durs trouvent la loi trop molle pour leurs electeurs nationalistes, des democrates craignent qu'un compromis deja trop mou ne soit tout a fait vide de sa substance lorsque la proposition repassera devant la Chambre des representants.. les partis en tout cas ont bien du mal a y reconnaitre les leurs (voir l'editorial du
New York Times et l'analyse d'Alternet).
Apres les vacances senatoriales de deux semaines, on craint que la reforme ne soit bel et bien enterree.. jusqu'a la fin de l'annee, une fois les "midterm elections" passees au Senat. L'homme de la rue, lui pendant ce temps ne desarme pas.
Ainsi qu'un speaker le disait hier, qui s'adressait aux manifestants a Dallas : "We want citizenship ! Since 9.11, we have been hurt and held into suspision. But out of the 19 people who attacked the US that day, how many Rodrigez, Martinez, Dolores and Flores ? None !".... populismo es la nueva palabra ?

Wednesday, April 5, 2006

C'etait Cesaria

Qui eut dit que tous les chemins menent a Washington ?
Apres un concert lundi soir dernier de
Arno, chanteur belge tres rock n'roll, aux frais de l'ambassade, nous avons pris les choses musicales au serieux et, avanti, direction le Lisner auditorium ! D'ailleurs, retablissons la verite narrative, nos tickets de samedi etaient reserves depuis deux mois - tout comme pour la plupart de nos collegues.
Voila donc l'Evenement de ce debut d'avril: la venue a DC de Cesaria Evora ! Inutile de la presenter et de dire que ce fut pour nous un tres beau concert capverdien. Nonchalante, sans aucune presence scenique, et sans effort vocal, Cesaria chante magnifiquement. Et puis ses comparses assurent un peu de spectacle. Sans oublier la pause de mi-concert qui nous a decidement intrigue: la diva prend un chaise, un verre d'eau, une cigarette sur scene. Une habitude ? Clin d'oeil ? Provocation ?
And what was real surprise as the cherry on the cake ?...
Seu Jorge est venu faire la premiere partie de Cesaria, si, si !

Thursday, March 30, 2006

Dada-bah, Cezanne ah !

Sans doute les parisiens se souviennent-ils avec plaisir de la tres bonne exposition Dada a Beaubourg en fin d'annee passe, et puis les aixois attendent-ils avec impatience l'arrivee de la premiere exposition de consequence sur Cezanne chez eux !
Eh bien ici, nous avons tout a la fois - gratuit qui plus est, si, si ! Nous avons fait il y a deja plusieurs semaines l'ouverture du
Cezanne en Provence, et puis n'ai pu resister au plaisir d'y retourner dimanche apres-midi. Les tableaux offrent de tres beaux moments - une belle organisation chronologique et thematique, des portraits, des pates epaisses puis transparentes et enfin si modernes, quelques textes d'introduction clairs, et des souvenirs familiers qui ne gachent rien. Un dessin du Pont des trois sautets permet, petit bonus, de craner aupres des amis.
L'autre but de l'expedition dimanche etait, enfin, d'aller revoir l'exposition dadaiste et completer mon tour que je n'avais eu le temps de finir, relire au passage quelques pages d'andre breton, retrouver les films absurdes et ressentir a nouveau un peu de l'esprit dada.
Cruelle deception ! Oh si j'avais su ! D'une exposition riche et en bazar, variee, profonde, a explorer a sa guise, nous sommes passes a une organisation sagement lineaire, de Zurich a Paris en passant par Berlin, New-York, etc. Quelques oeuvres seulement, et un nombre tres limite d'artistes, point de choses a lire si ce n'est les textes didactiques d'introduction qui font bien pauvres - un emplatre sur une jambe de bois. Des tableaux et collages bien alignees, beaucoup de choses tout a fait posterieures a dada, une pissotiere de duchamp hors de portee des coups de marteau vengeurs, et voila. On y entre, on avance au fil des salles, on passe parfois vite (moi devant grosz) ou on s'arrete pour admirer (decidemment schwitters me plait), on ne se pose pas de questions, et l'on ressort un peu moins ignare et tres conscient que Dada est mort, la faut aux americains ? a la modernite ? Et voila, en tout cas, Dada is dead.

Friday, March 24, 2006

riots in Paris !

Un collegue est passe par mon bureau aujourd'hui s'enquerir gentiment de la situation en France - "hey, it looks like there are some riots, and for the first time in Paris downtown !, is it really bad? - ?? - Yep, I saw it on TV last night and this morning the Post was running an article about it".
Intriguee par cette nouvelle qui semblait indiquer que j'avais manque un evenement capital qui devait pourtant faire la une du Monde, je me suis tournee vers l'edition en ligne du
Washington Post pour mieux comprendre.
Des manifestations tournent a la violence, et les images sont impressionantes.
D'un certain cote, difficile de ne pas oublier ces gentils emails de nos collegues russes en novembre qui s'enquerait de la dangerosite d'un voyage en France, et qui esperaient que nos familles allaient bien et n'etaient pas trop touchees par les emeutes.
D'un autre, le Washington Post a une reputation.. euh.. une reputation. Le Watergate, c'etait lui. L'Irangate peut-etre encore lui, les belles heures du journalisme d'investigation donc. Les cercles du pouvoir semblent lui attribuer une tendance gauchiste. - mais au nom de quoi ?


A lire en effet, le Washington Post c'est au quotidien une centaine de pages, dont une bonne moitie de publicites, une dizaine de pages d'analyse politico-politicienne assez fine (ce n'est pas le journal de la capitale pour rien), et puis quatre pages d'actualite internationale. Un international un peu particulier d'ailleurs - avez-vous remarque que le monde est bien calme de nos jours, il ne se passe des choses que presque exclusivement en Irak et Iran.
L'edition du week end est quant a elle un veritable marathon de lecture - people, publicites, jardinage. publicites, voyages, publicites, economie, publicites - que j'ai bien vite renonce a tenter. Comme le reste du journal d'ailleurs au fil du temps, notre abonnement a pris fin recemment et ne me manque que l'edition culturelle du vendredi.
Bref, mon ancien colocataire de Takoma et redacteur a
Alternet Joshua mene un combat quotidien contre le Post, que je suis de plus en plus encline a comprendre.
Ah, et une citation de l'article du Post qui vous fera sans doute plaisir:
The unrest intensified a political crisis that now threatens to unravel President Jacques Chirac's government -- much the way previous French governments have been felled by strikes and street protests when they attempted even modest reforms of the country's costly welfare state.
.. et encore une, difficile d'y resister.
Street protests and general strikes, often occurring in the spring, have long been an accepted political ritual in France, and they now have become a symbol of the country's inability to reform a stagnant economy hobbled by inflexible labor laws, high taxes and a corpulent welfare system. It is a crisis also facing other countries across Europe as governments of the left and the right have similarly attempted to alter their costly systems of generous health, unemployment and welfare benefits; most, like that of former German chancellor Gerhard Schroeder, have failed in the face of widespread resistance to change.

Thursday, March 23, 2006

la preuve en images

On a grimpe a Great Falls le week end passe !!
La preuve par : 1 du beau temps et toujours des cascades impressionantes.
Plus 2 : des amis en phase d'observation (dans l'ordre ma collegue gretel, son amie Justine, mon amie Laura, un ami Michele et le Chris de Gretel - quasiment que de la Banque, si, si)

Secouez un peu, ajoutez quelques minutes de reflexion, metres de cordes, des noeuds et des noeuds pour obtenir un ancrage sur arbre qui vaille, et voila !
Ce que les photos ne montrent pas, c'est que deux beaudriers pour sept c'est tout juste suffisant... et puis a l'ombre, il fait froid, froid, froid.

Thursday, March 16, 2006

hens' holes

Si parfois nous fanstamons avec effroi a l'idee que le FMI dusse aller d'ici a quelques annees a la rescousse de la France, nous nous delectons a imaginer que la Banque se decide enfin a faire quelque chose pour l'infrastructure locale.
Tous les matins j'accomplis un rituel de slalom entre les potholes de la seizieme rue, les bosses du macadam, l'irregularite des trottoirs, et les obstacles nouveaux surgis pendant la nuit - un bout de bitume retire, une plaque en fer aceree recouvrant un trou.... mon velo souffre au quotidien et moi pour lui. Sans oublier qu'il pourra bien se venger en me desarconnant un de ces jours ou je manquerai le coup de frein strategique.
Peut-etre va-t-il me falloir investir dans un VTT de luxe ? Serait-ce la raison pour laquelle les americains ont decouvert les 4*4 il y a quelques annees ? Une justification a posteriori de la rationalite de ce type de vehicule ? Ou bien une economie publique commode - he, les pistes, tant que les gens sont equipes, ca coute bien moins cher qu'un beau revetement lisse !
Bref, a quand un concours de nid de poules ici ?
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Nids de poules, par Eric Fottorino


LE MONDE 16.03.06 13h37 • Mis à jour le 16.03.06 13h37


Le quotidien polonais Gazeta Wyborcza est parti en campagne contre les nids de poule. Non pas que la psychose de la grippe aviaire se soit répandue dans les rues de Varsovie. Juste la crainte d'abîmer les autos. Pour illustrer son propos, le journal a lancé un concours de photographies auprès de ses lecteurs, sponsorisé par le fabricant Pirelli. C'était à qui prendrait le plus gros trou dans le bitume. Le prix est revenu à la photo d'un nid de poule profond de 25 cm. La gagnante a raflé un jeu complet de pneus neufs...

Tuesday, March 14, 2006

Deja neuf semaines que je me suis transformee en Washingtonian et un seul week end en dehors de la ville pour le moment (une visite eclair a montreal, ca compte), un record! De memoire de parisienne, palaisienne, phnom-penh-oise, wye-aie et autres, du jamais vu.
Alors comment s'occupe-t-on le week end a DC et comment survit-on a la ville sans interruption ?
Premiere remarque, il fait beau. Froid parfois, mais beau toujours - ce qui aide a flaner. Ensuite, DC est calme, laid back dirait-on les week end, et puis la ville compte de nombreux vrais grands parc -
rock creek park, arlington cemetery par exemple. On pourra sans doute discuter la classification de ce dernier en lieu de detente ou lieu de memoire ou de culture, mais en tout cas belle excursion a velo avec traversee du Potomac, et sortie familiale traditionnelle (en 4*4).



Bref, Rock Creek Park, c'est a 15 minutes de la maison, au-dela de Adams Morgan, et c'est tout d'abord un parc tres citadin - un chemin pietonnier qui longe la riviere mais aussi la voie rapide, un zoo sur l'autre rive, et puis rapidement cela devient une vallee forestiere tout entiere. Cela fait beaucoup de sentiers a explorer le week end, du plat, des velos, des joggeurs et des familles en fond de vallee, et puis des coteaux assez raides pour s'aventurer sur les pistes et s'essoufler un peu plus. Donc, footing du samedi matin et du dimanche matin, plus souvent sans coloc qu'avec - Jean "works out at the gym" et gabriella "si si, pero" moins loin et plus lentement.


Seconde etape samedi apres-midi et une visite a l'un des musees - si nombreux qu'il s'agit d'un choix tout a fait impulsif entre art moderne - 19eme - arts premiers - je laisse pour le moment de cote les musees de 'american history' ou bien 'space and air', au cas ou mes visiteurs futurs seraient tentes, sait-on jamais, de ne pas aller a la National gallery ou a la Sackler gallery. Retour donc au Hirshorn museum, qui presente de nouvelles expositions temporaires. L'artiste du moment est un photographe japonais, amateur d'hallucinations et de sessions reflexives de questions et de reponses. N'empeche que c'est bien beau, surtout les dioramas, lorsqu'il photographiait des scenes dans les musees d'histoire naturelle, et puis architecture et autres portraits.
La soiree est dediee a l'anniversaire de Gabriella, dans un lounge de Georgetown, si, Washington a ses cotes trendy, parfois.


Enfin Dimanche, premiere expedition en dehors de Washington ! Pas tres loin, a une quinzaine de miles, mais avec un vrai depaysement en perspective. - Je viens de realiser qu'il y avait eu le week end precedent une sortie de ville egalement, cependant c'etait pour aller au Ikea en banlieue avec quelques amis, et les allees surpeuplees d'un magasin de meubles le samedi ne peuvent pas etre qualifiees bol d'air. - nous avons une maison Ikea, tout comme la plupart de nos amis, et les americains en sont si amateurs qu'ils en oublient que c'est avant tout un concept europeen. "You know, there's a great place for funiture in the area, everybody goes there, it's called ikea and it's really cool".
Nous sommes donc partis visiter le Great Falls national park, parce qu'il est le plus proche de DC et de taille suffisante pour y marcher, qu'il est cense etre tres beau - il s'agit des gorges du Potomac avec des cascades impressionantes et quelques perspectives de kayaking autrement plus impressionantes que l'herault, et puis parcequ'il y a des voies d'escalade au bord de la riviere, que nous voulions reperer.
Enfin, des voies, c'est a dire a l'americaine: des falaises et puis des arbres bien accroches dessus pour ancrer sa corde et grimper en second. Reste a nous equiper un peu, et puis nous pourrons sortir les chaussons a l'exterieur, au lieu de grimper en salle.
La compagnie qui c'etait ? Un petit extrait de la WB community: Pierre - l'un des nombreux grefs de l'entourage -, Laura - une americaine de Rhode Island, mais qui a vecu deja deux ans a Lima et vient de se fiancer (une semaine!) avec son Peruvien -, et Niklaus, un suedois transplante depuis deja de nombreuses annees et en attente de retour proche en Europe.

Last but not least notre promenade nous emmene dans l'arriere-vallee, ou nous decouvrons l'espece d'arbre la plus moderne qui soit.... une idee ? (le gagnant aura droit a un aller simple pour DC, promis!, et et je ne crois pas prendre trop de risques)

Saturday, March 11, 2006

Return2BANFF

Quelques images d'un Balancing Point a contretemps : senseistudios.
Pour ne pas oublier qu'ici la nature peut etre belle, malgre le froid, la pluie, le vent.

Tuesday, March 7, 2006

BANFF

non pas une redite d'une recette de cuisine mais le recit d'un tour du monde en images.
Mais pas n'importe quel monde: montagnes, neige, desert, rocher, du tres chaud au tres tres froid - une image d'un garcon, deux rennes, un chien dans un blizzard a -50 en siberie suffit a congeler une audience.
BANFF mountain film festival existe depuis une trentaine d'annees, et d'une petite ville canadienne et d'un petit festival automnal est devenu un grand "show" mondial, avec projections tout au long de l'annee de Tokyo a Argentiere (Paris, non, malheureusement). Les films projetes sont pour la plupart tres beau, very inspirational and/ or very humourous. Washington a la chance de beneficier d'une semaine complete, retour donc au National Geographic Jeudi pour d'autres aventures.

Un denominateur commun est peut-etre une passion pour la beaute du monde, je vous laisse sinon apprecier la variete du programme:
High Fly Summits. (France, 2005, 13 min.) French Soulflyer team et son leader incontournable Loic Jean Albert partent a la conquete du Mont Blanc et du Mont Fuji en aile volante. On retiendra la descente en parachute le long des pentes, en compagnie des skieurs, les pieds effleurant la poudreuse.
Becoming a Man in Siberia. (France, 2004, 52 min.) Un adolescent en Siberie, au nord, tres loin au nord, les rennes, son clan, et un blizzard, tres tres froid, et deux jeunes nomades du Desert de Gobi, leurs chameaux, et la quete de nouveaux paturages. Boy, what a life.
The Khumbu Mighty Mites. (USA, 2005, 3 min.) Des enfants au Nepal glissent sur des mini-skis improbables faits de bouts de bois, glissent, tombent, roulent et boulent, et rient.
Return2Sender-Parallelojams. (USA, 2005, 45 min.) Alpine Club of Canada Award for Best Film on Climbing. Des grimpeurs fous de crack dans le desert de l'Utah, un travail de doigts, coudes, genoux, epaules, pour conquerir des fissures vertigineusement verticales et pures. Des voies raisonnablement aisees mais toujours panoramiques jusqu'a des micro-fissures et du travail d'entetement, de chutes, de souffle... des grimpeurs de 20 a 70 ans, un guide auto-proclame Timmy O Neill hilarant et un campement dans le desert. Dans la sequence frissons un peu de "slack line" (funnanbulisme) a 300 pieds au dessus du desert et un 5-11 en solo.
(et la photo s'agit bien d'une verticale, au cas ou vous en douteriez - premiere d'une 5-13 + "from switzerland with love")
Solilochairliftquist. (USA, 2005, 4 min.) Un soliloque en telesiege, 4 minutes de solitude, soit encore 8000 min par an a raison de 100 jours par an, do my skies look good? Yeah, or well sort of, they were kind of cheap in any case... Why is the snow white and the sky blue and not the reverse? Oh boy, this skier is a bum. and his outfit is so ridiculous. The girls the previous time were cuty. they were from houston, houston... Does my girlfriend complain if I prefer my skies to her ? What is she saying at the moment? "Do my trousers make me look fat?" - do my trousers make me look fat?.. I'm hungry.... 8000 * 30 equals.. oh boy, that's maths. It's amazing the time you spend on a chairlift. Say a few weeks of your life.. it's incredible how much you can think about in this time. I hope it's going to be sunny this afternoon, soon I'll feeze. Why does it have to be so windy up there ? Am I supposed to trust the safety of this thing ? Sure that they're going to invest my 30 dollar ski-pass in safety, you only have to look at the rust.. I'm hungry... 8000*30 equals... Oh, here we go.

Saturday, March 4, 2006

Soyons modernes, ecrivons des lettres !

Quel serait le nec plus ultra de la modernite, si ce n'est recevoir par email le scan d'une lettre bellement manuscrite de sa grand-mere ?
Mille mercis donc a Mahe pour le recit des festivites, English writing, et l'astiquage des cuivres, a Dominique pour le scan, Papi pour son soutien sans faille a la cuisine sans sel, Blanchette pour la lecture au telephone des recits electroniques - encore une autre version de la modernite !
Si je devais cependant m'elever contre une consideration epistolaire - dear granma, youre English looks as its best, as precise as Henry James', as funny as Roald Dahl's, as thrilling as Stephanie Plum's adventures, as sweet as ever.
- ce qui n'empechera pas la lettre d'etre postee et la poste americaine de bien vouloir l'acheminer, pour une fois ?

Thursday, March 2, 2006

DMV is back

District of motor vehicles again, would we be becoming friends?
Ayant obtenu de notre landlord un certificat de domicile, j'ai pu effectuer un nouveau pelerinage hier au DMV pour completer le paperwork. La queue avant l'ouverture a 8h du matin etait impressionante, une distribution de tickets plus tard a commence l'attente, longue et sans fin. Alors que les autres numeros defilent A2, H4, E1, G7... qu'arrivait-il donc aux "I" ?
Alors que je songe a aller reclamer - Henry James commencant a montrer ses limites apres 45 min de lecture dans une piece bruyante, une sonnerie d'alarme retentit, et nous sommes envoyes dehors, dans le froid matinal, et sur le trottoir oppose qui plus est, a l'ombre. 3 camions de pompier arrivent a toute vitesse et sirenes hurlantes, beaucoup d'agitation, qui avec un tuyau, qui avec une echelle, qui entre dans le batiment. L'atmosphere semble bien trop calme et detendue pour que quoi que ce soit de serieux en soit en train de se passer, ma seule idee etant je pense, comme celle de la centaine de gens autour de moi, de "get the business done as quickkly as possible and get the hell out of here".
30 min plus tard, les pompiers ressortent, plient leurs tuyaux, parlent avec le responsable du batiment, et nous sommes enfin autorises a nous battre pour rerentrer dans le batiment. Nous en profitons pour demander ce qui arrive aux malheureux "I" - on nous avait effectivement oublies.
La dame au comptoir accepte heureusement ma preuve de domicile, retrouve mon dossier, m'aide a remplir le cheque, et, apres 2h30 de patience et une derniere photo, me voila enfin titulaire d'un "DC driving license" pour quelques annees, ouf.


J'ai profite de l'expedition pour consulter le code, et ne peux resister au plaisir de partager avec vous quelques questions supplementaires:
You're driving up to an intersection where the traffic light is red. A policeman motions you to go through. You should:
- Wait for the light to turn green and then go ahead
- Call the policeman's attention to the red light
- Obey the policeman's signal
You are permitted to open the door on the traffic side:
-When traffic is clear
- When your car has come to a complete stop
- After signalling other cars to stop
Why do we have speed limits ?
-So more cars can use the road
- To kep traffic within a speed safe for existing conditions
- So that the police can tell more easily who is speeding
When may you use your horn ?
- In emergencies to warn pedestrians and drivers
- To warn slow drivers and careless pedestrians
- To attract attention that you have the right-of-way
What must you do when another vehicle is about to over-take and pass you?
- Not increase your speed until the other vehicle has safely passed your vehicle
- Move to the left to prevent him/ her from passing, if you are at the legal speed
- Increase your speed
On devine parfois un peu de lassitude de la part des redacteurs, qui se traduirait par un certain laissez-aller dans les reponses proposees. You are driving during heavy rain or snow. You should:
- Use your mobile phone to check voice mail ?
- Call a friend to make alternate plans since it's raining?
- Delay your call since the road conditions are hasardous?
Une serie de questions sur les cyclistes, que je n'ai pu que lire avec delice.
There is a bike path alongside the road way, yet there is a cyclist in front of you using the road instead of the path. You should:
- Honk at the cyclist and point to the path
- Notify a policeman
- Treat the cyclist as you would any other vehicle, since a cyclist is allowed to used either the roadway or the bike path.
You are making a left turn. After getting out into the center of the interesection, you wait for more cars coming from the opposite direction to pass. A bicyclist is proceeding straight in the stream of cars. You should:
- Turn in front of the bicyclist, if he is proceeding slowly
- Honk at the bicyclist and tell him to cross as a pedestrian
- Yield the right of way to the cyclist as you would to any other vehicle
On ne peut s'empecher enfin de soupconner un certain humour noir chez les redacteurs - voici mes deux favoris du jour.
If your car should hit a pedestrian, what should you do immediately ?
- Identify yourself and leave
- Help the person and call an ambulance
- Help the injured person, identify yourself and then report to the police
As you approach an intersection the light is green for you to proceed. A funeral procession is passing accross the intersection in front of you. You should:
- Proceed with caution
- Wait for a break in the procession and proceed
- Proceed on green light only after entire procession has celared intersection

Monday, February 27, 2006

DC Cares

Yes, Ladies and Gentlemen, DC Cares. DC cares about what you might ask ? Politics, money, racial issues, football, gas prices, American idol and Angelina Jolie's baby, of course.
But "
DC Cares" is more than just a subject/ verb: it's also the name of a very big and very professional charity.

Comment ca marche ?
Un regroupement d'associations de tous genres, soupes populaires, animation, visites de personnes agees, preparation de repas, livraison de repas, des patients atteints du Sida, associations religieuses ou pas (si, si, cela se trouve ici). Toutes ces associations proposent des "one-time events" a qui voudra bien donner un peu de son temps mais ne peut s'engager sur des horaires reguliers, avec free-doughnuts pour la peine, et participants de toutes classes / religions / races (si, si, cela se note ici).
Ainsi, j'ai reemballe des kilos de frites surgelees pour l'aide alimentaire, assiste a un spectacle de magie avec des retraites, coupe des dizaines de carrottes pour la preparation de repas. En perspective: peut-etre bientot un peu d'accueil de jeunes? C'est pour le moment surtout une occupation des samedis matins, mais pourra eventuellement s'etendre a des journees completes le week end, et puis quelques soirees peut-etre.

Wednesday, February 22, 2006

Des poli-tacticiens a la Courneuve

Dire que nous n'avons pas eu droit a l'epoque a un article du Monde... ni a un reportage televise... mais seulement a une interview dans "radio notre-dame", tttt.

A La Courneuve, les surdoués font la classe Ils sont polytechniciens. En juillet 2005, Antoine Bodereau et Mohamed Amine El-Khanjar ont été reçus au concours qui fait d'eux l'élite de la nation, sous la tutelle du ministère de la défense. Depuis octobre, ils vivent dans un foyer de Seine-Saint-Denis. Envoyés en mission dans des collèges et lycées de La Courneuve, Saint-Denis et Villetaneuse, pour y faire du soutien scolaire en mathématiques, physique et chimie. Antoine Bodereau a grandi au Mans, dans une famille de médecins. Mohamed Amine est marocain, père journaliste, mère professeur de collège. Il a fait sa prépa à Rabat et est entré à Polytechnique dans le contingent des étrangers (100 élèves sur les promotions annuelles, qui en comptent 500). Deux jeunes garçons de bonne famille. En sortant de la station de métro La Courneuve-8-Mai-1945, Mohamed a été un peu surpris : "Il y avait des Pakistanais enturbannés, des Arabes, des Noirs, des Chinois... Je ne savais pas que Paris ressemblait au Bronx !" Le soir, les deux polytechniciens se retrouvent au foyer, un asile de vieillards désaffecté et passablement lugubre au bout d'une rue de La Courneuve. Chacun y a son studio de garçon. Où trônent une télévision et des tas de paquets de biscuits entamés. Au début, ils se racontaient leurs premières impressions de la banlieue parisienne. Leur "trouille". Leur étonnement que tout se passe, finalement, "très normalement". Le premier jour de leur arrivée, Antoine et Mohamed ont fait chacun le tour des classes pour expliquer qui ils étaient. Les études qu'ils avaient faites. Ce qu'était un bac S, une classe prépa à Polytechnique. Ils ont vu quelques paires d'yeux s'arrondir. Des questions ont fusé. Des parents sont venus les voir. Depuis, ils travaillent en binôme avec un professeur, donnent des cours supplémentaires aux quelques élèves volontaires, les aident à faire leurs devoirs. "On a des moins mauvaises notes", disent ceux-ci, unanimes. Antoine Bodereau, plein d'enthousiasme, a collé des affichettes sur les murs du collège Georges-Politzer, à La Courneuve : "Vendredi, 12 h 45, premier atelier scientifique animé par Antoine Bodereau." Un peu avant 12 h 45, vendredi, Antoine est donc entré dans sa classe. Un grand garçon de 19 ans, blond et sympathique, l'air plutôt sage, blue-jeans et sweat-shirt à capuche. Sur le pas de la porte, il guette les candidats à l'atelier scientifique. Qui ne viennent pas. Seule une élève de sixième s'est assise sagement dans un coin de la classe : Yahou Farah, 11 ans et demi. C'est son père, mécanicien, qui lui a conseillé de venir. "Il m'a expliqué ce qu'était un polytechnicien, dit-elle. Il m'a dit que ça formait les militaires. Moi, je ne veux pas faire polytechnique, mais je veux faire scientifique." Elle reprend son souffle et murmure timidement : "J'aime bien les sciences. Je suis la première de ma classe." L'heure tourne. Le polytechnicien et son atelier scientifique attendent toujours leurs clients. Des élèves passent la tête, intrigués. "Vous êtes qui, m'sieur ? Vous êtes prof ? Je vous connais pas, lance une jeune fille. - Je ne suis pas vraiment prof, je suis stagiaire, répond Antoine Bodereau. - Quoi ? - Stagiaire. J'organise un atelier scientifique. Tu peux t'inscrire si tu veux." Grosse grimace. Un élève de troisième surgit, le lecteur MP3 à la main et les écouteurs accrochés aux oreilles. "Moi je le connais, Antoine ! Il est pas prof, il est politicien ! - Ah oui, c'est vous le technicien machin truc ?, lui demande un autre. Vous pouvez me faire mes devoirs ? - De toute façon, reprend la jeune fille, ça sert à rien. Qu'on soit le meilleur ou non, c'est la dégaine qui compte. Si t'es noir ou arabe et que tu sors du neuf-trois, t'es mort. - Tu sais, il y a plein d'Arabes dans ma promo à Polytechnique, et ils sont souvent meilleurs que les autres", lui dit Antoine. Une troupe commence à se former dans la salle vide. Yahou Farah reste assise sans rien dire derrière son pupitre. Antoine Bodereau essaie de convaincre les curieux. Il pourra leur expliquer des petits trucs qu'il avait appris en prépa : pourquoi la Lune présente-t-elle toujours la même face à la Terre ? Pourquoi une glace fond-elle lentement ? Pourquoi une tartine beurrée a-t-elle plus de chances de tomber du côté du beurre ? Leur promettant même de poser devant eux un grain de sodium dans de l'eau... "Ils aiment bien ce qui explose", note judicieusement Antoine. Lors de l'entretien préalable au stage, à Polytechnique, il avait dû répondre à des questions pratiques. "Que faites-vous si vous n'arrivez pas à tenir la classe ?", avait demandé le lieutenant-colonel. Réponse d'Antoine : "D'abord je laisse filer. Je pense qu'ils se fatigueront avant moi. Si vraiment ça perdure, j'irai chercher le conseiller d'éducation." Le colonel a paru satisfait. Comme Mohamed, Antoine a vite revu ses principes. "A vrai dire, ils se fatiguent rarement avant moi, reconnaît-il. Ils sont même assez coriaces. Mais j'ai été surpris par leur gentillesse. Avec tout ce qu'on dit sur La Courneuve, je ne m'attendais pas à ça. Ça m'est arrivé d'en renvoyer un. Il est sorti de la classe. Il est revenu tout seul, il a dit "Je m'excuse", et il s'est rassis." Mohamed : "Moi non plus, ça n'a jamais dégénéré. Je ne suis pas vraiment vraiment respecté, mais le minimum y est !" Le vrai problème, poursuit-il, "c'est qu'ils n'y croient pas. Les filles, un peu plus. La plupart n'imaginent pas leur futur au-delà de la troisième, ils ne se rêvent en rien". Pourtant, en quelques mois, les deux polytechniciens sont fiers de constater de petits changements chez leurs élèves. Une bonne dizaine d'entre eux ont dit leur envie d'aller jusqu'au bac et d'intégrer une classe prépa. Mohamed, arabe, suscite la curiosité. "Mon origine leur donne du courage. Même si les Marocains de la classe en profitent parfois pour narguer les Algériens, du style "Il n'y a que les Marocains qui peuvent être politiciens"...". Antoine regrette que l'expérience ne soit pas mieux structurée : "Si on nous confiait de vrais groupes toute la journée, plutôt que 5 ou 6 élèves par-ci par-là, on aurait des vrais résultats." Une mère d'élève passe une tête dans la classe d'Antoine. Sa fille de 15 ans est à côté d'elle. "C'est vous le polytacticien ? Bon. Ma fille, elle est en descente totale, je voudrais tout faire pour elle. Vous pourriez l'aider ? - Pas de problème, dit Antoine. - Vous faites l'espagnol, aussi ? - Ce n'est pas prévu, mais pourquoi pas ?, répond le polytechnicien. - Alors je reprends espoir", dit la maman.

Sunday, February 19, 2006

Moving

Deux lampes, une aquarelle, dix baguettes vietnamiennes, des rollers, une cocotte-minute, trois cent livres, une etagere, un piolet, deux vases, des cartes postales, la sainte victoire, deux narguiles, les cours de Wye college, des faire-part, sandales, tongs, draps, poncho bolivien, larousse des desserts, un plateau d'Herve, bougies, combinaison de plongee, plateau a cafe, dictionnaire franco-arabe, deux paniers, un antivol, crampons, saladier africain, la cuisine des antilles, parfums, bonnets, pareos, table roulante, nappe malgache, un hamac...
Un raccourci d'une vingtaine de cartons, quelques heures d'emballage et de deballage.
Manque: une chaussure de montagne, la paire a ete separee en route et la survivante se trouve bien superflue.
Manque egalement une bibliotheque qui ira la, dans notre salon, a la place des cartons.
Nous devrons en attendant nous contenter des cartons et adopter de nouveaux criteres esthetiques, si, si it's very moderne et trendy, I swear.

Thursday, February 16, 2006

Il a neigé dans le train !

Avant d’en arriver la, glace et pelletees de neige sur les plateformes du train, il y a eu un long, long week end et surtout un voyage presque interminable.

Je devais aller a la rencontre de Clemence, ma petite sœur en voyage avec son lycee au Quebec. Le groupe ayant un programme des plus denses – un jour et demi a Montreal, puis Quebec, puis Aylmer et Ottawa, et de mon cote le week end n’etant pas tres extensible ces temps ci (autrement que grace aux AWS, si vous avez bien revise votre lecon de sigles), il apparaissait qu’une rencontre au somme Samedi passe serait de l’ordre du possible et le plus recommande.
Pour se rendre de Washington a Montreal existent un certain nombre de possibilités : 600 miles environ, soit une a deux heures d’avion, douze heures de bus, une journee de train, 4 jours de velo a minima – voire plutot 10 jours disons.
L’avion est cher et les horaires peu pratiques – tiens, oui, au fait, pourquoi n’y a-t-il pas de compagnie « low cost » aux Ameriques, pourtant royaume du marche ? Le train quotidien ne circule que de jour, il semble une mauvaise idee de sacrifier deux jours de trajet.
Reste donc… non, non pas le velo…. Greyhound. Un des mythes americains, ce qui ne tombe pas plus mal.
Depart ainsi vendredi soir de Washington, changement rapide a New York. Tout juste le temps d’apercevoir l’exact oppose, ou presque, de ce qu’est la ville washingtonienne : des immeubles eleves, des lumieres, du bruit, et une foule de gens presses, des gens, des gens.
Le bus etant quasi-vide, nous avions pu nous installer le moins inconfortablement possible pour la nuit – reste bien sur les arrets reguliers aux villes intermediaires, la lumiere brutalement allumee, l’appel du chauffeur de bus.
.. Ah, parlons-en de ce chauffeur de bus. Jeune et semble-t-il sympathique, ou est-il aujourd’hui ? In jail ? Homeless ? On the dole ? (bien que l’on puisse douter de l’existence d’indemnites sociales pour son cas et dans ce pays)
A six heures du matin en effet nous voyons monter a bord un ranger, chapeau et veste kaki, chewing gum au bec, ou presque.
- Guys, you want to come out of this bus, the driver is going to come with me.
- ….?
- Guys, nothing’s wrong, you’re going to stay here, there’s a cafeteria just over there, someone is going to pick you up.
- ….


Maugreant, nous eveillant tant bien que mal, protestant sans succes, nous sommes installes dans la “cafeteria” d’une station service, au beau milieu d’une foret semble-t-il immense, sur une route semble-t-il desertee. Pas de reseau telephonique, cinq clients accoudes au comptoir : nous voila soudain projetes dans l’Amerique profonde.
Un cafe plus tard – ah, mon premier vrai cafe americain, tout a fait imbuvable – une serveuse reveche, quelques œufs brouilles et des toasts, nous voila en etant de conjecturer et de nous inquieter. La seule explication que nous aurons jamais est que « the driving license was expired, nothing’s wrong, don’t worry », ce qui parait a la fois peu et beaucoup. Faut-il ajouter que vers 3h du matin le meme chauffeur avait brule un feu (« run a light », on acquiere du vocabulaire) et quasi-embouti un SAV et une voiture qui arrivait sur le carrefour ? There’s something definitely dodgy there.
3h d’attente plus tard, enfin un nouveau bus, un chauffeur a qui il a fallu expliquer ce qui etait arrive et qui ne voulait pas nous croire, enfin une heure perdue a montreal le temps que le « baggage boy » de service ce jour la nous persuade que le manager aupres de qui nous voulions si desesperement nous plaindre etait bien en vacances, et qu’il nous donne une adresses pour la reclamation.
Curieusement, ou sans doute pouvait-on s’y attendre, nous avions reussi a etre de quasi-bonne humeur tant que le groupe etait reste ensemble – des canadiens, americains, des voyageurs de passage pour quelques heures a montreal avant de retourner aux etats-unis (qui pour un tournage, qui pour un demmenagement…), des locaux de retour de vacance – mais voila que, a peine partis chacun de notre cote, l’enervement et la fatigue prennent le dessus… we hate them, we hate greyhound, we hate montreal !


Ok, quelques minutes d’exasperation et une douche a l’hotel plus tard, je peux emerger et tenter de retrouver le groupe en goguette dans les rues de la ville.
Rendez-vous est pris pour le debut d’apres-midi au biodome, sorte de zoo sous bulle. Clemence est bien la, semble bien plus alerte que moi, une quarantaine d’autres jeunes, cinq profs du lycee – ah non, pas d’anciens profs, mais quelques visages connus.
Clem etant decidemment en forme, j’ai ensuite opte pour le chocolat chaud tandis que les jeunes allaient faire des glissades - mais surtout nous avons pu passer un veritable apres-midi ensemble, ce qui n’avait pas du arriver depuis…. dix ans ? quinze ans ?






Le recit deja long jusque la meriterait une conclusion heureuse « et elles repartirent aisément chacune de leur cote », helas l’adversite des voyages a encore frappe.
A sept heures du matin dimanche, on nous apprend que tous les bus sont annules, tempete de neige historique sur New York et sur tout le nord-est des etats-unis. Difficile a concevoir quand le temps est si beau au Canada.
Ayant toute la journee pour voyager, je me suis dirigee vers le train (quotidien) pour les Etats-Unis, qui rejoint NY en neuf heures, puis en quatre heures pour la maison.
Le premier retard nous vient des douaniers, sans doute s’ennuyaient-ils bien en cette gare deserte, et sans doute le pays est-il devenu bien suspicieux aussi? Nous avons ete arretes deux heures sur les voies, pendant que certain voyageurs etaient emmenes et rejetes au Canada: italiens sans visa, personnes interdites de sejour, que sais-je encore ?, tous de dangereux criminels en puissance of course.
Le paysage est quelconque et devient vite insupportable – je vous laisse essayer de fixer cette photo pendant deux heures.

Le train reparti les choses se sont arrangees : des lacs, des arbres, des rochers, des plaques de neige, l’ensemble est plutot esthetique. Ce n’est que tres tardivement que nous rencontrons la vraie neige, pour le coup les plateformes du train se remplissent de glace et de poudreuse, brrrr.
And the trains were running late, of course.
L’arrivee a Washington a 2h30 lundi matin conclut le week end, avec surtout un grand soulagement d’en avoir fini pour quelques jours avec les transports.

Wednesday, February 15, 2006

Un emprunt au Monde (chut....)

MAHMOUD DARWICH
« Arabes et musulmans ont le sentiment d'être poussés hors de l'Histoire »
Article paru dans l'édition du 12.02.06
Des caricatures de Mahomet au triomphe électoral du Hamas dans les territoires palestiniens, le plus grand poète palestinien vivant, chantre de l'exil de son peuple, passe l'actualité en revue. Il estime que le monde arabo-musulman n'échappera pas à l'expansion islamiste. « Le prix à payer pour cette phase historique sera très cher », dit-il



La poussée du Hamas en Palestine s'inscrit-elle dans un environnement général qui voit les islamistes progresser dans l'espace arabo-musulman ? C'est une évidence : la Palestine ne peut être une île dans un océan de progression de l'islam politique. S'il y avait des élections libres dans le monde arabo-musulman, les islamistes l'emporteraient partout, c'est aussi simple que cela ! C'est un monde qui vit profondément dans le sentiment de l'injustice, dont il rend responsable l'Occident. Lequel répond par une forme d'« intégrisme » impérial qui renforce le sentiment d'injustice. Dans cet espace, on a affaire à des identités blessées.
Quelle est la nature de cette blessure ? Arabes et musulmans, confrontés à un « despotisme universel » américain et à des despotes locaux, ne savent plus où ils se situent. De plus, la richesse s'étale sur tous les écrans, qu'ils comparent à leur misère. Ils ont le sentiment d'être poussés hors de l'Histoire. Résultat : ils se rétractent sur leurs constantes historiques - une attitude par définition passéiste. Ces blessures se gangrènent. Or les repères sont perdus. Nationalisme et tiers-mondisme, socialisme et communisme ont tous failli. Il ne reste pas même la prééminence du droit, puisque dans leur zone le droit international n'a pas cours. Israël s'y soustrait depuis si longtemps sans que rien ne se passe.
Ils pourraient choisir la démocratie...
Je n'ai pas de réponse évidente à ce déficit. Les gens ont peut-être besoin de solutions simples à leur désarroi, que la religion apporte. Or la démocratie n'est pas simple, elle induit le pluralisme, la complexité. Je crois que, malheureusement, aucun pays arabe n'échappera à l'expérience islamiste. Le monde arabe n'est plus celui des années 1950-1960. L'Amérique non plus. Là-bas aussi, de plus en plus de gens se tournent vers les réponses inadéquates de la religion. Le manichéisme de la pensée s'accompagne d'une islamophobie qui suscite des réactions très violentes dans le monde musulman.
A ce sujet, que pensez-vous de l'affaire des caricatures de Mahomet ? C'est une folie qui m'emplit d'affliction. D'abord, la caricature de Mahomet avec une bombe à la place du turban est insultante. La liberté de la presse doit être défendue, mais pas le droit à l'insulte. On ne peut impunément offenser les croyances des autres. En France, la presse est libre. Mais vous avez des lois qui punissent l'expression publique du racisme. Dans l'atmosphère internationale étouffante où nous vivons, il faut respecter le refus des musulmans de voir représenter l'image du Prophète. En même temps, le problème est que l'opinion arabe et musulmane ne fait aucune différence entre les peuples, leur diversité et les gouvernements. Elle considère tout « en bloc ». Arguer d'un dessin pour brûler des ambassades est une folie. De part et d'autre, des forces concourent à exacerber le choc des identités. Un jour, cela passera. C'est une période transitoire. En attendant, ces forces dominent.
On en a pour longtemps ?
Qui sait ? La moitié de l'humanité a cru au socialisme. Qui aurait imaginé que cet « avenir radieux » s'effondre en un jour après soixante-dix ans ? Le monde arabo-musulman aujourd'hui est en pleine expansion islamiste, et le prix qu'il aura à payer pour cette phase historique sera très cher. Partout, déception et colère dominent, les gens régressent. Les islamistes radicaux deviennent de plus en plus dominants. En même temps, je suis effaré de l'ignorance générale en Occident vis-à-vis de l'islam politique. Il y a toutes sortes d'islamistes. Les salafistes et le Hamas, pour prendre un exemple, sont très différents. Le Hamas est d'abord un mouvement nationaliste fondé sur une vision religieuse. Mais l'Occident, lui aussi, tend à ne voir l'islam politique qu'en « bloc ».
Maintenant, vous, le poète de la diversité et de la convivialité, vous vous retrouvez avec le Hamas au pouvoir...
D'abord, reconnaissons qu'un changement de régime a très démocratiquement eu lieu. Pour les moeurs politiques de la société palestinienne, c'est positif. Cela étant, Israël porte une responsabilité majeure. Il a installé un climat de délégitimation de l'Autorité palestinienne qui a pavé la voie au Hamas. Ajoutée à sa politique, qui rend le quotidien palestinien invivable, l'incurie de l'Autorité a contribué à créer une ambiance délétère. Cela a poussé beaucoup de gens à penser : « Pourquoi ne pas essayer une autre voie ? Ça ne pourra pas être pire. » Le vote Hamas a été plus protestataire qu'uniquement religieux. Maintenant, nous allons devoir vivre avec cette expérience. Mais je ne peux cacher mes inquiétudes. Des dirigeants du Hamas ont déclaré vouloir « remodeler la société sur une base isla mique ». Quand on défend une Palestine plurielle et laïque, on ne peut que craindre pour les droits des femmes, pour les jeunes et les libertés individuelles. Sans oublier la composante chrétienne. J'espère que le Hamas composera et respectera la base qui l'a mené au pouvoir, dont, je le répète, les motivations étaient essentiellement protestataires.
Comment analysez-vous le regard des gouvernants israéliens sur le Hamas ?
Le problème essentiel de l'histoire du sionisme est qu'il a essayé d'éluder la réalité du terrain. Dès le départ, il savait que son slogan « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » était erroné. Il y avait un peuple sur cette terre. Alors il a fait comme s'il n'existait pas ou ne comptait pas. Et ça continue. Des décennies, les Israéliens ont nié l'existence d'un mouvement national palestinien. Ils disaient que l'OLP n'était qu'une « organisation terroriste ». Un jour, ils ont dû la reconnaître. Aujourd'hui, ils disent : « Pas question de négocier avec le Hamas. » Ils finiront par le faire, comme ils l'ont fait avec l'OLP.
Qu'est-ce qui pourrait les amener à négocier ?
La réalité ! Le soleil, dit-on, est plus puissant que les ailes des corbeaux qui couvrent l'horizon. Récuser le Hamas, c'est nier le résultat d'une élection libre. Cela ne sert à rien. A la fin, la réalité est toujours plus forte que le déni. Quand l'Intifada a éclaté, les Israéliens ont décrété qu'ils n'avaient « pas de partenaire ». Or seul Yasser Arafat pouvait faire admettre au peuple des concessions. Mais ils n'ont eu de cesse de le réduire à rien. Quand Mahmoud Abbas lui a succédé, eux et les Américains lui ont fait des mamours. Mais, politiquement, ils n'ont rien négocié. Ainsi, ils l'ont discrédité à son tour aux yeux de sa population. Ils croient toujours pouvoir mener une politique unilatérale. Résultat : ils ont le Hamas en face d'eux.
Dans un premier temps, cela servira de justification à leur unilatéralisme. Mais s'ils cherchent à garder leurs blocs de colonies et à nous accorder « généreusement » quelques bantoustans, cela veut dire qu'ils ne veulent pas la paix. Et cela ne marchera pas. Jusqu'à ce que la réalité s'impose à eux : la seule voie, c'est d'en finir complètement avec l'occupation.
Vous croyez que les Israéliens ne veulent pas la paix ? Le problème est qu'ils ne veulent ni d'un Etat binational, ni d'une Palestine indépendante. Quand tous les Etats de la Ligue arabe, en 2002, ont proposé un retrait aux frontières de 1967 en contrepartie d'une reconnaissance générale d'Israël, ils ont fait comme si cette proposition n'existait pas. Aujourd'hui, sur le territoire de la Palestine mandataire, il y a deux réalités : l'une juive israélienne, l'autre arabe palestinienne. Aucune ne peut éradiquer l'autre. La seule solution est que les deux parties reconnaissent cette double réalité. Ensuite, que chacun écrive son histoire comme il l'entend ! L'histoire n'intéresse que les historiens ou les romanciers. Moi, c'est le présent qui m'intéresse. Or il se noie dans la tragédie.
La société israélienne n'a pas suffisamment pris la mesure de la concession historique que lui ont faite les Palestiniens, les spoliés. Ni pris conscience de l'importance, pour la victime, de voir son agresseur reconnaître sa part. Les Israéliens ont l'habitude de dire que les Palestiniens « ne ratent jamais l'occasion de rater une occasion ». La réalité est inverse. Après Oslo, ils avaient une occasion exceptionnelle. L'OLP et tout le monde arabe auraient mis fin au conflit s'ils avaient compris que les Palestiniens n'ont rien d'autre à « concéder » que leur reconnaissance, et qu'eux doivent, en contrepartie, se retirer des territoires conquis sans barguigner et admettre l'émergence d'un Etat palestinien. Maintenant, il sera bien moins facile à Israël d'aboutir avec le Hamas. Un riche qui se complaît de la misère de son voisin est un idiot, car il ne se sentira jamais en sécurité. La seule sécurité d'Israël, c'est que son voisin vive décemment et dans la dignité.
Vous avez accepté le jeu d'une interview politique. Pourtant, on vous sent réticent à aborder ces questions. Parce que je vis dans la perplexité. Je ne refuse pas de parler de politique, mais je refuse toutes les certitudes dans un présent si agité. Je ne suis pas certain de ma propre vision. La complexité, je l'intègre à mon travail de poète. Tout poète ou même tout écrivain du tiers-monde qui dirait « la société ou la politique ne m'intéressent pas » serait un salaud. Je ne suis pas salaud à ce point. Pour un Palestinien, la politique est existentielle. Mais la poésie est plus rusée, elle permet de circuler entre plusieurs probabilités. Elle est fondée sur la métaphore, la cadence et le souci de voir derrière les apparences. Mais les poètes ne conduisent pas le monde. Et c'est heureux : le désordre qu'ils y introduisent pourrait être pire que celui des politiciens.
Qu'y a-t-il derrière les apparences ?
La vie, donc les rêves et les illusions. Qui peut vivre sans espoir que le monde ira vers le meilleur, vers le beau ? La poésie ne peut exister sans l'illusion du changement possible. Elle humanise une histoire et un langage commun à tous les humains. Elle transgresse les frontières. Au fond, son seul véritable ennemi, c'est la haine.
Dans votre récent ouvrage paru en français, Ne t'excuse pas, vous écrivez : « Je suis ce que je serai demain. » Un vers étonnant venant d'un poète qui récuse l'immuabilité. Au contraire. Le présent nous étouffe et déchire les identités. C'est pourquoi je ne trouverai mon moi véritable que demain, lorsque je pourrai dire et écrire autre chose. L'identité n'est pas un héritage, mais une création. Elle nous crée, et nous la créons constamment. Et nous ne la connaîtrons que demain. Mon identité est plurielle, diverse. Aujourd'hui, je suis absent, demain je serai présent. J'essaie d'élever l'espoir comme on élève un enfant. Pour être ce que je veux, et non ce que l'on veut que je sois.
Propos recueillis par Sylvain Cypel